FST à l'internat : les spécialistes d'organe en oncologie réclament 30 % de postes en plus

Par Sophie Martos
Publié le 05/07/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

La Fédération nationale des spécialistes d'organe en oncologie (FNSO2) et les collèges nationaux professionnels de pas moins de dix spécialités dénoncent le manque de postes à pourvoir dans la formation spécialisée transversale (FST) de cancérologie de l'adulte (traitements médicaux des cancers) accessible aux internes. Dermatologues, endocrinologues, gynécologues-obstétriciens, hépato-gastroentérologues, neurologues, pneumologues, rhumatologues, ORL-chirurgiens cervico-faciale et maxillo-faciale et urologues réclament de concert une révision à la hausse du nombre de postes.

Créées par la réforme du troisième cycle, les FST (ouverts à tous les internes), d'une durée de deux semestres, permettent aux jeunes médecins d'acquérir des compétences complémentaires spécifiques dans le champ de leur spécialité d'origine.

Au total, le ministère de la Santé a ouvert 1 816 postes dont 1 258 au titre des 24 FST disponibles. Tous les internes peuvent postuler au choix à une FST jusqu'au 10 juillet. 

Quatre-vingt-seize postes sont mis au choix des futurs médecins dans cette FST de cancérologie de l'adulte. Or, le nombre d'internes suivant l'un des 10 DES concernés est proche de 1 000. Le calcul est donc totalement faussé pour les spécialistes d'organe en oncologie. « Lors des réunions de préparation ces derniers mois au ministère, l'Observatoire national de la démographie des professions de santé préconisait 137 postes, soit 30 % de postes en plus ! Ce n'était déjà pas assez alors imaginez notre réaction avec 96 postes ! Nous sommes surpris et en colère », explique au « Quotidien » le Pr Marie Wislez, présidente de la FNS02.

Pour la fédération, le nombre de postes proposés ne correspond ni aux besoins sanitaires du territoire, ni aux capacités de formation des internes dans cette discipline. C'est pourquoi elle réclame au minimum l'ouverture des 137 postes précédemment envisagés. La répartition des postes dans les différentes subdivisions est également pointée du doigt, car jugée « incompréhensible » et semblant « ignorer les inégalités épidémiologiques d’incidence des cancers ». « A Lille, il y a zéro poste, à Paris dix, à Marseille trois mais à Dijon neuf, poursuit-elle. Les capacités de formation parisienne peuvent accueillir plus d'internes. En sondant, il y a déjà 32 demandes. »

Restriction de la formation

Pour la FNSO2 et les collèges de spécialistes, ce manque de postes est perçu comme une restriction de la formation des étudiants. « Cette formation permet aux internes d'être capables de décider du premier traitement et des alternatives thérapeutiques. Avant, c'était un DESC, il n'y avait pas de restriction de la formation », ajoute le Pr Wislez.

La démographie des cancérologues spécialistes d'organe ainsi que des oncologues radiothérapeutes reste délicate et « en déficit » dans certaines régions. « Si on forme moins, il y a aura des répercussions sur la prise en charge des patients », pronostique le Pr Wislez. Des projections internationales pour 2040 publiées dans « The Lancet » font état d'une augmentation de l'incidence des cancers et du nombre de patients requérant une chimiothérapie justifiant une anticipation de l'augmentation de la formation des médecins.

Les chiurgiens également inquiets

Le Conseil national des jeunes chirurgiens (CNJC) a lui aussi fait déploré «  le manque évident de postes et la limitation d’accès à cette FST, essentielle pour certaines disciplines chirurgicales ». Le CNJC espère un correctif sur le nombre de postes ouverts « afin d’assurer la qualité de la formation des internes des spécialités médicales comme chirurgicales ».

 

 


Source : lequotidiendumedecin.fr