Formations spécialisées transversales : à J-3, carabins et internes dans le flou réclament un délai pour candidater

Par Sophie Martos
Publié le 27/06/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

J-3 avant la clôture des candidatures pour les formations spécialisées transversales (FST), le 30 juin, et le nombre de postes n'est toujours pas publié au « Journal officiel », ce qui a le don d'irriter les étudiants en médecine et les internes. 

Créées par la réforme du troisième cycle, les formations spécialisées transversales, d'une durée de deux semestres, permettent aux internes d'acquérir des compétences complémentaires spécifiques dans le champ de leur spécialité d'origine.

Mais les modalités d'accès à ces formations se font attendre, faisant perdre patience aux représentants des étudiants (ANEMF) et des internes de médecine générale (ISNAR-IMG). « La mise en place des FST traîne depuis 2 ans, nous sommes aujourd’hui à 3 jours de la clôture des candidatures, c'est une catastrophe ! explique, amère, Lucie Garcin, présidente de l'ISNAR-IMG. C'est inadmissible qu'aujourd'hui les étudiants n'aient aucune visibilité sur les postes de FST auxquels ils sont en droit de candidater. » Et d'ajouter : « On nous a dit aux dernières réunions ministérielles, le 3 et 12 juin, que la publication du nombre de postes était imminente, mais toujours rien. » La pilule passe mal, d'autant plus que les jeunes ont tiré la sonnette d'alarme en janvier, en avril et une nouvelle fois au mois de mai sur les risques encourus d'une mauvaise organisation. La première promotion d'internes débutera les FST en novembre 2019.

Repousser la date butoir

L'ANEMF dénonce une situation inacceptable. « On a participé à toutes les concertations et on se retrouve avec un retard qui n'est pas expliqué, c'est irrespectueux pour les internes », bouillonne Clara Bonnavion, président de l'ANEMF. Face à un retard sans précédent, les jeunes appellent les pouvoirs publics à reporter au 30 juillet la clôture des candidatures. Sans compter que la promotion d'internes concernée n'est autre que la promo fiasco des ECNi 2017, où plus de 8 000 étudiants ont repassé plusieurs épreuves du concours, sous une canicule d'enfer. C'est la double peine. « La promo fiasco des ECNi 2017 ne doit pas être la promo crash test des FST de novembre 2019 », insiste la chef de file des carabins.

En plus du nombre de postes par FST et par subdivision précisés dans l'arrêté tant attendu, le texte détaillera dans une note le processus pour trier les candidatures par les facultés. Il contiendra également le nombre de candidatures possible pour un interne, le reclassement (modalités de choix de stage après une interruption du DES d'un an) et la mobilité dans les régions. En fonction des besoins des territoires, certaines subdivisions n'ouvriront aucun poste de FST, laissant la possibilité aux internes de candidater dans d'autres villes de France. Ce qui réclame un peu de logistique, que le gouvernement ne facilite pas en tardant à publier l'arrêté.