Réforme du second cycle : anxieux, des carabins réclament un report pour ne pas être la promo « crash test »

Par
Sophie Martos -
Publié le 27/02/2019
second cycle

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Crédit photo : S. Toubon

Très angoissés de faire partie de la nouvelle « promo crash test », cinq carabins de l’UFR de santé, médecine et biologie humaine de l'université Sorbonne Paris Cité (Paris 13) ont lancé une pétition le 25 février pour réclamer un report d'au moins un an de la réforme du second cycle des études médicales. 

En préparation des mois, cette refonte du cursus doit entrer en vigueur dès la rentrée 2019. La réforme vise à donner un nouveau souffle au deuxième cycle, à mettre un terme au bachotage systématique (qui nuit aux stages), à réduire la masse de connaissances théoriques et à instaurer un parcours plus professionnalisant – le tout s'articulant avec la suppression programmée des épreuves classantes nationales (ECN).

Signal d'alarme

Las, pour les carabins de Paris 13, si cette réforme apparaît nécessaire, elle engendre de très nombreuses interrogations sur sa faisabilité tant le calendrier est serré. 

Une réunion d'information avec le doyen, le Pr Nathalie Charnaux, s'est tenue en début d'année universitaire mais depuis... silence radio. « Nous en parlons souvent avec les étudiants de la promotion ou en stage, raconte Adam*, étudiant en 3e année, l'un des carabins à l'initiative de la pétition. Il y a un ressenti collectif d'anxiété et de frustration qui est peut-être partagé par d'autres étudiants. » Et d'ajouter : « Nous avons travaillé trois ans déjà, nous ne souhaitons pas être la prochaine promo crash test, on envoie un signal d'alarme car c'est notre avenir qui est en jeu. » 

Pour le moment, la pétition a été partagée sur les pages Facebook privées de la promotion des étudiants de 3e année de Paris 13 et des stages regroupant – en plus des 3e année – les externes de cette faculté. Environ 80 étudiants avaient déjà signé ce mercredi. « La promotion de 3e année compte environ 160 étudiants, c'est déjà une belle proportion », poursuit-il.

Manque d'informations 

Ce qui inquiète tout particulièrement les carabins, c'est le manque de repères et de clarification vis-à-vis de ce nouveau cycle réformé.

Même si l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) informe régulièrement sur son site au sujet de l'avancée de la réforme, c'est insuffisant pour les jeunes. « Je ne vois pas à quoi cela ressemblera ! Il y a trop d'approximations à quelques mois de la rentrée, il y a un manque d'information qui devient une source d'anxiété aussi bien chez les 3e année que chez les 4e année qui se demandent comment cela se passera s'ils redoublent », ajoute Adam. 

Le flottement actuel sur l'agenda alimente le trouble. Mi-février, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, n'avait pas exclu un assouplissement du calendrier de suppression des ECN, se rangeant derrière l'avis de la conférence des doyens qui jugent la réforme « insuffisamment préparée ». 

De son côté, l'ANEMF a expliqué qu'elle demanderait un report uniquement si la mise en place de la réforme devenait impossible dans de bonnes conditions. « L'état actuel des travaux ne montre pas un tel retard », a-t-elle tempéré auprès du « Quotidien ». Ce n'est pas l'avis de tous les étudiants qui ne cachent plus leur inquiétude. 

* Le prénom a été modifié. 


Source : lequotidiendumedecin.fr