À Paris, au cœur du Quartier latin, un centre de santé pluridisciplinaire vise les étudiants

Par Sophie Martos
Publié le 23/02/2017
- Mis à jour le 24/02/2017

Le vaste centre de santé privé COSEM Saint-Michel (Coordination des œuvres sociales et médicales) a été inauguré le 21 février dans le Ve arrondissement de Paris, au cœur du quartier latin. Pluridisciplinaire, ce centre – qui se déploie sur cinq niveaux pour une surface de plus de 1 000 m2 – entend répondre aux problèmes d'accès aux soins des habitants et notamment des très nombreux étudiants du quartier, grâce à la pratique du tiers payant et du secteur I.

L'établissement, calqué sur le modèle COSEM Auber (Paris IX), est surtout équipé d'une unité de soins immédiats « Urgence care » pour traiter la petite traumatologie (sans rendez-vous). Le Dr Patrick Vidal, responsable du pôle médical, espère que ce service rencontrera le même succès que sur le site d'Auber qui expérimente déjà ce type d'unité. « Nous accueillons 10 000 patients par an en traumatologie avec une prise en charge en moins d'une heure, explique-t-il. L'équipe de médecins urgentistes travaille en binôme avec les infirmiers. Ils reçoivent le patient et traitent le dossier médical en amont. »

Dépistage

Le centre prévoit des consultations (avec ou sans RDV) de soins dentaires, implantologie, orthodontie, parodontie et pédontologie. Au programme : des consultations en médecine générale, allergologie, cardiologie, dermatologie, endocrinologie, gastro-entérologie, gynécologie, ORL, ostéopathie, phlébologie, psychiatrie, rhumatologie et urologie (avec RDV). Un service d'imagerie est disponible. 

Le choix du site n'est pas dû à un hasard, à deux pas de la Sorbonne. « Un effort particulier sera porté sur les étudiants qui, faute de temps ou d'argent, renoncent aux soins », ajoute le directeur Daniel Dimermanas. Des dépistages (dentaire, diabète, rénal) seront proposés exclusivement aux étudiants le samedi et le dimanche.

Critiques

Si le salariat est la règle dans ce type de structures, la rémunération des médecins est ici proportionnelle au nombre d’actes. Contacté par « le Quotidien » au sujet de ce schéma, le Dr Éric May, président de l'Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS), estime que la rémunération en partie à l'activité n'a guère de sens. « Ce qui compte, c'est le projet "santé" du centre et le projet médical de l'équipe », rappelle-t-il. Même son de cloche du côté du Dr Richard Lopez, président de la Fédération nationale des centres de santé. « Ce modèle économique a une approche financière. Qu'il y ait des garanties pour la structure, je comprends, que ce soit la priorité, non. »