Maltraitance, détresse, épuisement… une journée de stage racontée par une étudiante en médecine

Par
Stéphane Long -
Publié le 01/12/2018
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Crédit photo : S. Toubon

À quoi ressemble une journée d’externe en 2018 ? Alice (*), une étudiante en quatrième année de médecine, le raconte dans un texte publié sur Internet (voir le blog d’Alice) et que le « Quotidien » reproduit intégralement.

Cette jeune femme de 22 ans, en stage dans un service de réanimation, a souhaité partager cette expérience pour « faire entendre au grand public la détresse dans laquelle se trouvent les étudiants en médecine ». Le récit qu’Alice fait de cette journée, tristement banale, témoigne de la dureté des études médicales qui les plongent dans un état de stress et de fatigue permanent. À travers ce cri d’alarme, elle espère contribuer à une prise de conscience des médecins hospitaliers et du grand public.

« C’est tout l’inverse de ce qu’on s’attend à vivre à l’hôpital »

Le désarroi des carabins a déjà été mis en lumière dans plusieurs enquêtes. Mais le texte d’Alice donne chair à cette souffrance psychologique. La jeune femme raconte les remarques déplacées de ses chefs, l’hypocrisie entre soignants, le manque d’empathie envers les patients, les humiliations et la maltraitance psychologique… « C’est tout l’inverse de ce qu’on s’attend à vivre à l’hôpital. Ça a été un choc de découvrir ça ! », explique Alice.

La jeune externe vit très mal ce stage. « Je me bats moralement pour continuer mes études. J’ai failli arrêter à plusieurs reprises », confie-t-elle, avouant que l’éloignement géographique de sa famille pèse également sur son moral. Mais la jeune femme se raccroche à son objectif final. « Devenir médecin, c’est un rêve. C’est ça qui me fait tenir », raconte-t-elle avec enthousiasme.

Son expérience à l’hôpital n’est d’ailleurs pas si sombre. Elle garde un excellent souvenir de son stage précédent, dans un service d’oncologie, où les soignants faisant preuve d’humanité, où elle avait envie d’aller travailler, et simplement, où on se souciait de savoir… comment elle allait.

(*) Son prénom a été modifié.


Source : lequotidiendumedecin.fr