La PACES coûte aux étudiants 6 000 euros en Ile-de-France, 4 500 en province

Par Anne Bayle-Iniguez
Publié le 28/08/2017
- Mis à jour le 29/08/2017
étudiants devant faculté

étudiants devant faculté
Crédit photo : Phanie

Vouloir devenir médecin a un coût et pas des moindres. Une étude inédite réalisée par les carabins de l'ANEMF s'attache à démontrer le coût de la scolarité en 2017 pour un étudiant en PACES et un étudiant en quatrième année (DFASM1) non boursiers et ne vivant plus au domicile familial.

Matériel pédagogique (livres, tutorats, « prépas » privées, etc.), loyer, transports, sécurité sociale… Plusieurs postes de dépenses sont passés au crible en Ile-de-France et dans les autres régions, en se fondant notamment sur les données de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE, syndicat) et des complémentaires santé.

Premier enseignement : le coût de la scolarité se situe en moyenne à 5 750 euros pour un étudiant en PACES et à 4 027 euros pour un carabin en quatrième année.

Les dépenses communes aux deux années montrent une différence nette entre les étudiants franciliens et les provinciaux dans les frais mensuels de la vie courante, en particulier sur les loyers et les charges (635 euros en Ile-de-France contre 441 euros dans le reste de la France). Les non-franciliens perdent en revanche au change sur les transports en payant 28 euros par mois contre 19 euros en Ile-de-France.

Concernant les dépenses propres à la rentrée, les frais d'agence sont largement supérieurs en Ile-de-France (300 euros contre 240 euros partout ailleurs), contrairement à l'assurance logement (62 euros dans la capitale, 73 euros en province).

Sélection par l'argent

Dans le détail, les étudiants en PACES de toute la France déboursent 184 euros de droits d'inscription et 217 euros de sécurité sociale. Le bât blesse dans l'achat du matériel pédagogique : 4 969 euros en Ile-de-France et 3 473 euros « seulement » dans les autres régions. C'est essentiellement le financement de « prépas » privées – en Ile-de-France ou ailleurs – qui plombent la note. L'inscription à ce type de structure représente en moyenne 25 fois le montant des frais d'inscription à l'université à Paris pour les non-boursiers et 18 fois dans les autres régions, notent les carabins.

Pour les étudiants qui entament le deuxième cycle, la note est moins salée au global mais les inégalités académiques perdurent : tous payent 256 euros en droits d'inscription et 500 euros en sécurité sociale ; la douloureuse des Franciliens s'élève à 2 261 euros contre 1 526 euros en région pour le matériel pédagogique. Là encore, ce sont les prépas (735 euros) et les référentiels établis par les collèges de spécialité (1 091 euros) qui concentrent tout le budget. 

Afin de « limiter l'installation des entreprises du secteur privé induisant de fait une forme de sélection par l'argent », l'ANEMF prône un « réinvestissement » de l'université dans l'accompagnement des étudiants en médecine. Elle milite également pour la création d'une caisse nationale de l'assurance-maladie des étudiants. Les carabins entendent plancher sur ces thèmes lors de leur concertation nationale, qui doit se clore à l'automne prochain.  

Au sortir d'un séminaire gouvernemental de rentrée à l'Élysée, le Premier ministre Édouard Philippe a par ailleurs annoncé ce lundi un « grand plan étudiant » pour septembre, qui devrait « améliorer nettement la réussite universitaire » et « les conditions de la vie étudiante », notamment en matière de santé, logement et pouvoir d'achat.


Source : lequotidiendumedecin.fr