Le statut spécifique des internes serait-il remis en cause par le gouvernement ? La question s’est posée après la publication au « Journal officiel » du 20 novembre d’un arrêté modifiant un article relatif aux modalités de stage de troisième cycle des études de médecine, et signé des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Ce texte entérine la suppression du mot « interne » et son remplacement par les termes « étudiant de troisième cycle des études de médecine ».
Cette modification sémantique a soulevé l’inquiétude de nombreux internes, notamment sur Twitter. « Le statut d’interne en médecine est en train d’être juridiquement effacé » s’alarme Mickaël Benzaqui, ex président de l’ISNI (intersyndicat national des internes). D’autres y voient une atteinte à la légitimité et à la crédibilité des internes notamment vis à vis des patients.
C'est la fin des internes ! https://t.co/lMteR4eY0n
— Externat de merde (@Externatdemerde) November 22, 2015
Pour certains, il s’agit d’une nouvelle preuve de la dévalorisation de la profession : « Puis médecin devenant professionnel de santé puis prestataire de soin. Quelle descente ! » anticipe un médecin sur Twitter.
Un statut gravé dans le code de la santé publique
Interpellé sur le sujet, l’ISNI a souhaité rassurer tout le monde : « Il n’y a aucune inquiétude à avoir. Cette modification mineure ne remet absolument pas en question le statut d’interne défini dans le code de la santé publique », assure au « Quotidien » Baptiste Boukebous, président de l’ISNI.
L’arrêté du 8 octobre 2010 assimile bien l’interne à un « praticien en formation spécialisée », et non pas à un « simple » étudiant. « Cet arrêté publié au J.O., qui concerne l’enseignement supérieur, ne change rien à notre statut » insiste Baptiste Boukekous.
Interrogé sur le sujet, le ministère de la Santé n’a pas été en mesure de répondre à nos questions.
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