À Giens, la CSMF demande la création d'un statut unique pour tous les médecins

Par Christophe Gattuso
Publié le 08/09/2017
- Mis à jour le 08/09/2017
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Crédit photo : DR

Le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), le Dr Jean-Paul Ortiz, a prononcé un discours offensif, ce vendredi à Giens (Var) lors de l'ouverture de la 23e université d'été de son organisation. 

Lors de cette allocution d'une quarantaine de minutes, le leader syndical a souhaité un retour à des relations de confiance entre les médecins libéraux et la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn, « médecin brillant, connue pour son sens du dialogue et de l'écoute », après un quinquennat très compliqué avec Marisol Touraine.

Plus que des paroles, le Dr Ortiz a une nouvelle fois réclamé des actes au gouvernement : la suppression du caractère obligatoire du tiers payant ; l'abrogation de l'article 99 de la dernière loi Sécu qui autorise la CNAM à baisser les tarifs de radiologie. Devant 150 cadres confédérés, Jean-Paul Ortiz a appelé de ses vœux un « signal politique fort » dans le prochain PLFSS en donnant les moyens à la médecine de ville afin d'accompagner sa restructuration. Il a affirmé que les médecins libéraux étaient prêts à « prendre toute leur place » dans la politique de prévention, priorité ministérielle. 

Droits et devoirs

Alors que le ministère présentera début octobre un nouveau plan de lutte contre les déserts médicaux, le président de la CSMF a insisté sur les « droits et devoirs territoriaux » de la profession. « Nous ne pouvons pas laisser des patients sans médecin traitant dans certaines zones du pays, a-t-il affirmé. Nous ne pouvons pas continuer à avoir des délais de rendez-vous de six mois en médecine spécialisée. [...] L'accès aux soins dans des délais raisonnables mais aussi en cas d'urgence doit être garanti par les médecins libéraux organisés sur un territoire. »

La continuité et la permanence des soins doivent être assurées, a ajouté le patron de la Conf'. « Si nous ne le faisons pas, d'autres le feront à notre place à notre détriment », a-t-il prévenu, faisant référence aux consultations avancées que souhaite développer l'hospitalisation publique.

Le Dr Ortiz a plaidé pour une meilleure coordination avec les autres professionnels de santé, appelant à développer les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). « Il va falloir nous engager sur la pertinence des actes, chasser les actes redondants, a-t-il ajouté. Cela permettra d'avoir les moyens de rémunérer des actes médicaux de qualité à leur juste prix car les volumes baisseront. »

Côté formation initiale, la CSMF réclame une refonte en profondeur face au « fiasco des études médicales », une meilleure sélection des étudiants à l'entrée de l'université (sans tirage au sort) et une réflexion sur le numerus clausus largement contourné.

Place au libéral

Le syndicat souhaite que les études de médecine soient largement ouvertes dès le 2e cycle à l'apprentissage en milieu libéral. Le Dr Ortiz a jeté un pavé dans la mare en réclamant une révision des ordonnances Debré de 1958 (créant les CHU) afin de permettre à des médecins libéraux de toutes les spécialités d'accéder aux fonctions de professeur des universités.

Alors que la réflexion est engagée sur le contrôle des compétences tout au long de la carrière, la CSMF est désormais favorable à un « processus de recertification basé sur la connaissance et la pratique » et organisé par la profession (CNP, CMG).

Afin de favoriser l'installation des jeunes médecins, le syndicat souhaite simplifier les démarches administratives par une simple déclaration à l'Ordre. Cerise sur le gâteau, il recommande la création d'un « statut unique du médecin, partagé par tous et dont la base serait commune à tous les secteurs d'exercice, incluant la protection sociale. Sur cette base s'ajouterait une rémunération variable en fonction des activités de chacun. » Le syndicat souhaite ainsi faciliter les évolutions de carrière et les changements de parcours.

Ces propositions devraient intéresser la ministre de la Santé, qui ne fera pas le déplacement à Giens, mais aussi le directeur de la CNAM, Nicolas Revel, ou le Dr Olivier Véran, député LREM, rapporteur général du prochain PLFSS, – tous deux attendus dimanche.


Source : lequotidiendumedecin.fr