Après « la honte de l’ECNi 2017 », le Pr Bergmann prône « une solution simple et efficace »

Publié le 26/06/2017
- Mis à jour le 26/06/2017
Pr Bergmann

Pr Bergmann
Crédit photo : S. Toubon

« Plus jamais ça ». Quelques jours après l’énorme raté des épreuves classantes nationales informatisées (ECNi), obligeant plus de 8 000 étudiants à plancher une journée supplémentaire, le milieu universitaire tente d’apporter des réponses. Dans une tribune libre, le Pr Jean-François Bergmann, chef du département de médecine interne de l’hôpital Lariboisière (AP-HP), fait le constat de cet échec et avance une solution pour y remédier.

La honte de l’ECNi 2017 : une solution simple et efficace

Plus de 8 000 candidats aux épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) déterminant les choix de spécialité et de région pour l’internat ont dû, la semaine dernière, repasser en pleine canicule 12 des 18 épreuves ! Certains étudiants se sont aperçus que deux des dossiers avaient déjà été travaillés en région favorisant inéquitablement les étudiants de ces régions. Chaque dossier est dans un « paquet de six dossiers » et l’annulation d’un dossier impose de repasser les six. Or ces deux dossiers n’étaient pas dans le même paquet, ce sont deux paquets de 6 soient 12 dossiers sur 18 pour lesquels les étudiants ont dû composer deux fois de suite. La raison est tristement banale : le CNCI (Conseil national du concours de l’Internat, devenu Conseil Scientifique de Médecine) s’échine à demander aux facultés, aux doyens et eux-mêmes s’échinent à demander à leurs enseignants de mettre des sujets inédits dans la banque de l’ECNi. La pêche aux dossiers est maigre, les dossiers sont lentement revus, modifiés puis validés par le CNCI. Mais, au mépris des consignes très strictes, certains enseignants peu scrupuleux et un tantinet paresseux utilisent ces mêmes dossiers soi-disant inédits déposés dans la banque nationale pour préparer localement leurs étudiants à l’ECN ! Impossible pour le CNCI de le savoir et bien difficile de surveiller les milliers d’enseignants en médecine…

La solution proposée : il suffirait que dans les semaines précédant l’ECN, les experts du CNCI aidés de spécialistes des différentes disciplines médicales et de deux ou trois secrétaires se mettent en conclave quelques jours pour « pondre » et valider une trentaine de dossiers inédits avec ses 15 questions QCM par dossier. Les dossiers seraient alors forcément inédits, les risques de fuite bien plus faibles et tout serait organisé ex nihilo en quelques jours. Idem pour l’épreuve de Lecture Critique d’Articles (LCA) : un conclave de quelques jours d’une dizaine de spécialistes de cette épreuve permettrait de puiser dans les articles publiés depuis moins de trois mois, donc forcément trop nouveaux pour avoir déjà été traités en région on en conférence d’internat. Tout cela, et rien que cela, permettrait de gagner du temps, de la sécurité et peut-être même de la qualité dans cette épreuve pour le moins critiquable…

Professeur Jean-François Bergmann
Chef du Département de Médecine Interne, Hôpital Lariboisière (AP-HP), ancien vice-président de la commission de mise sur le marché de l’Agence française du médicament


Source : lequotidiendumedecin.fr