Un ex-chef de service du CHU d'Angers condamné à 15 000 euros d'amende pour harcèlement sexuel

Publié le 18/07/2019
- Mis à jour le 19/07/2019

Crédit photo : AFP

Le tribunal correctionnel d'Angers a condamné jeudi à 15 000 euros d'amende le Pr Abdel Rahmène-Azzouzi, ex-chef du service d'urologie du CHU d'Angers, pour des faits de harcèlement sexuel sur une collègue de travail et le détournement de la finalité du traitement des données de son dossier médical.

Le chirurgien a rejeté « catégoriquement la décision du tribunal », annonçant sa volonté de faire « bien évidemment » appel. « Il n'y a eu aucun geste, aucune parole à connotation sexuelle de ma part à l'égard de cette femme », a-t-il réagi à l'issue du délibéré.

Six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende avaient été requis à son encontre à l'issue de son procès le 14 juin dernier.

Le tribunal a relaxé le médecin des faits de harcèlement sexuel sur la plus grande partie de la période pour laquelle il était poursuivi (de juin 2015 à août 2017), mais l'a reconnu coupable de ceux commis entre le 2 août 2017 et le 16 mai 2018.

Les juges ont aussi estimé qu'il avait consulté à dessein le dossier médical de sa collègue secrétaire pour récupérer ses coordonnées. Ils l'ont en outre condamné à verser 3 000 euros à la victime au titre de son préjudice moral.

Plainte du médecin contre le CHU

« Il était important que le principe de l'infraction sexuelle soit reconnu car elle était constituée et c'est ce qu'a vécu ma cliente. Sur la période de la relaxe, je ne partage pas l'appréciation du tribunal », a commenté Me Nathalie Valade, l'avocate de la victime. Le Pr Rahmène-Azzouzi a pour sa part annoncé le dépôt d'une nouvelle plainte contre le CHU d'Angers pour violation de son propre dossier médical.

« J'ai fait un signalement pour quatre violations de ce dossier au procureur. Je n'ai aucun retour, pas plus que de ma demande de protection fonctionnelle, la preuve d'un traitement différencié et communautariste au sein du CHU d'Angers. La justice française s'est déshonorée avec cette décision », a ajouté le chirurgien.

Le Pr Azzouzi, 53 ans, a été suspendu le 1er août 2018 à titre provisoire de sa fonction de chef de service, à la suite d'un signalement du CHU d'Angers au parquet. Il exerce toujours au sein de l'établissement en tant que praticien hospitalier et professeur des universités.

Avec AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr