Organisation du bloc opératoire : parution du décret sur les actes exclusifs infirmiers, cliniques et chirurgiens entendus

Par Marie Foult
Publié le 01/07/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Le décret sur les actes exclusifs des infirmières de bloc opératoire diplômées d'État (IBODE) est paru ce dimanche 30 juin au « Journal officiel ».

Il reporte au 1er janvier 2020, faute d'un nombre suffisant de personnels formés, l'entrée en vigueur de trois actes exclusifs aux IBODE (l'aide à l'exposition, l'hémostase et l'aspiration), initialement prévue ce lundi 1er juillet.

Le décret met en place un dispositif transitoire. L'infirmière (non IBODE) qui exerce au bloc opératoire « depuis une durée au moins égale à un an en équivalent temps plein » au 30 juin 2019, et apporte régulièrement une aide à l'exposition, à l'hémostase et à l'aspiration, pourra continuer cette activité sous réserve de s'inscrire à une épreuve de vérification des connaissances (avant le 31 octobre 2019) et de la valider. Un jury décidera ensuite si elle peut continuer à exercer au bloc ou non, ou si l'infirmière doit se former. 

L'ancienneté au sein du bloc, initialement fixée à deux ans dans le projet de décret, a donc été abaissée d'une année. Cette décision s'aligne sur la demande de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) et des syndicats de spécialistes des plateaux techniques (l'Union des chirurgiens de France et Le BLOC), qui craignaient « une pénurie » dans les salles d'opération si rien n'était fait ou si les mesures transitoires étaient trop restrictives.

« Mépris »

Ils dénonçaient « l'incapacité de l’État à construire une filière IBODE adaptée à l’activité chirurgicale en France », tout en demandant « la mise en place en urgence de moyens financiers et pédagogiques » pour la formation en alternance et une revalorisation de la rémunération d'IBODE.

À l’inverse, les représentants de la profession IBODE, qui souhaitent préserver leurs spécificités et leurs compétences, demandaient 5 ans d'expérience dans les blocs. Le Syndicat national des infirmiers de bloc opératoire (Snibo) a dénoncé, après la parution du décret, « un mépris des instances » pour leur profession et leur formation. « Les implorations de l'hospitalisation privée auprès des instances évoquant le non-fonctionnement des blocs n'ont été lettre morte, contrairement à nos demandes », fustige le Snibo.


Source : lequotidiendumedecin.fr