Le burn-out des médecins double le risque d'incidents de sécurité des patients

Par Marie Foult
Publié le 11/09/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
burn out

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Crédit photo : PHANIE

Un médecin en situation de burn-out a deux fois plus de chance d'être impliqué dans un incident médical de sécurité sur un patient. C'est l'enseignement majeur d'une méta-analyse* du JAMA (internal medicine), qui quantifie l'impact du burn-out des médecins sur la qualité et la sécurité des soins délivrés.

Les auteurs se sont penchés sur les trois caractéristiques du burn-out (épuisement émotionnel, déshumanisation, perte d'accomplissement personnel au travail) et leurs incidences sur les accidents médicaux, les soins de mauvaise qualité par manque de professionnalisme (moins d'empathie, moindre suivi des recommandations, défaut d'information) et la satisfaction des patients.

Outre l'impact direct sur les incidents de sécurité, le burn-out des médecins est deux fois plus associé à des soins de mauvaise qualité et à un manque de « professionnalisme ». En cas de dépersonnalisation, il y a même trois fois plus de chance que des lacunes dans la pratique professionnelle du praticien soient rapportées par le patient. Ces conséquences sont d'autant plus marquées chez les assistants et les médecins en début de carrière, note le JAMA.

Les effets délétères sont les mêmes sur la satisfaction exprimée des patients. En cas de burn-out du praticien, elle a trois fois plus de chance d'être moindre – et même 4,5 fois plus en cas de dépersonnalisation du praticien. L'étude précise qu'un manque d'empathie peut avoir d'autres conséquences notamment une souffrance psychologique du patient.

Miser sur le bien-être

Que faire pour améliorer la situation ? Les auteurs suggèrent de perfectionner les critères d'évaluation permettant de mesurer la sécurité des patients et la compétence des médecins. « L'autre point qui est primordial, mais sous-estimé, c'est le bien-être du médecin », soulignent-ils. Et particulièrement celui des jeunes médecins en début de carrière, plus volontiers jugés incompétents lorsqu'ils sont en souffrance. « Miser sur leur bien-être, largement mis de côté au début de leur carrière, est peut-être la meilleure stratégie dans un climat de pénurie médicale et de défiance des patients », plaident-ils. Une nécessité, alors que près d'un médecin américain sur deux est touché par le burn-out lors de sa carrière, rappelle le JAMA.

* Analyse de 47 études issues de plusieurs bases de données (Medline, Embase, PsycInfo et le CINAHL), portant sur 42 473 médecins du monde entier, dont 59 % d'hommes, âgés de 38 ans en moyenne.