« Vous vous taisez »... : la violente diatribe anti-Ordre des « médecins pigeons »

- Publié le 27/11/2012
- Mis à jour le 27/11/2012
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C’est à une charge très sévère que se livrent les « médecins pigeons » de l’UFML (Union française pour une médecine libre) dans une lettre ouverte adressée à l’Ordre des médecins, que « le Quotidien » reproduit ci-dessous.

Toujours mobilisés contre l’avenant 8 de la convention médicale qui encadre les dépassements d’honoraires, et contre le projet de loi visant à autoriser les mutuelles à créer des réseaux de soins, ces « médecins pigeons » ont trempé leur(s) plume(s) dans le vitriol pour s’adresser aux ordinaux.

« Vous vous taisez alors que les patients risquent de perdre leur liberté de choisir leur médecin, et l’établissement qui les prendra en charge, écrivent-ils au sujet de ce projet d’autoriser les réseaux mutualistes. (...) Vous vous taisez alors que notre système de soin est livré aux mutuelles et autres marchands de soins. Vous vous taisez alors que l’on impose un nouveau partenaire au sein du paritarisme en acceptant l’opacité de ses comptes et des salaires de ses dirigeants ».

La chirurgie libérale va mourir

La charge est déjà lourde, mais les « médecins pigeons » n’en ont pas fini. Usant comme François Hollande pendant sa campagne présidentielle de l’anaphore (moi président..), ils s’en prennent à l’encadrement des dépassements d’honoraires, alors que l’Ordre avait jeté un pavé dans la mare en mai dernier en publiant des recommandations controversées sur ce sujet. « Vous vous taisez alors que la chirurgie libérale va mourir de ne plus pouvoir répondre à l’obligation de moyen. (...) Vous vous taisez alors que les médecins généralistes sont une fois de plus traînés dans la boue par des propositions de rémunération indigne ».

Manifestement remontée contre l’institution, l’UFML enchaîne : « Avez-vous oublié votre mission ? Avez-vous oublié que votre rôle est de vous opposer aux menaces qui pèsent sur notre médecine ? Avez-vous oublié votre rôle de pair jugeant des pairs ? Ou encore celui de trait d’union entre patient et médecin ? Pourquoi vous taisez-vous ? »

La conclusion est tout aussi sévère. « Votre silence est coupable, parlez, sans attendre plus, prenez position, ou alors dans le silence, acceptez de disparaître aux yeux des médecins. »

« Le Quotidien » a tenté, mais sans succès, de joindre les responsables du Conseil national de l’Ordre.