Touchers vaginaux : les doyens recommandent l’apprentissage sur des mannequins

Par Sophie Martos
Publié le 23/10/2015
- Mis à jour le 27/10/2015

Crédit photo : S. Toubon

La conférence des doyens de faculté de médecine regrette les récentes déclarations d’enseignants ayant défendu l’apprentissage des touchers vaginaux et rectaux sur patients endormis. L’instance présidée par le Pr Jean-Pierre Vinel recommande la formation sur des programmes de simulation médicale.
La conférence des doyens rappelle l’importance de la formation des futurs médecins aux examens des parties intimes. Celle-ci « ne saurait en aucun cas être pratiquée sur des patients qui n’en auraient pas été avertis et n’y auraient pas explicitement consenti ». Selon elle, les médecins en désaccord avec ces principes sont « doublement coupables » et « minent la confiance des patients » envers les hôpitaux, siège de formation des externes et internes.
Cette prise de position intervient trois semaines après l’interview à la BBC du Pr Guy Vallancien, chirurgien et enseignant d’urologie à Paris-Descartes qui s’était prononcé en faveur de la pratique dans le cadre de la formation des étudiants, propos très critiqués sur les réseaux sociaux.

Respect du consentement, le premier devoir du médecin

« Nous ne saurions en aucune façon cautionner ces déclarations, totalement contraires aux principes de l’éthique que nous défendons », réplique la conférence. « Quelles que soient les modalités de pratique médicale (en cabinet de consultation, en établissement de soins, au bloc opératoire…), aucun geste, examen clinique, acte de diagnostic ou de traitement, ne saurait être réalisé sans l’information et le consentement du patient, conformément à la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des patients », poursuit la conférence.
La FHF et les conférences hospitalières avaient déjà appelé à respecter la déontologie et le droit des patients. « Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne », avaient-ils souligné. Cette mise au point était intervenue après la publication d’une enquête en février 2015, selon laquelle des touchers vaginaux et rectaux auraient été pratiqués par le passé par des étudiants sur des patientes endormies à la faculté de médecine de Lyon-Sud.


Source : lequotidiendumedecin.fr