Surmenage, idées suicidaires, agressions : des syndicats infirmiers lancent leur observatoire sur la souffrance au travail

Par
Marie Foult -
Publié le 13/05/2019
souffrance infirmieres

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Crédit photo : DR

Une forte pénibilité au travail et un sous-effectif « chronique » qui conduisent à l'épuisement professionnel, voire au suicide : plusieurs syndicats d'infirmiers*, représentant les secteurs libéral et hospitalier, ont présenté ce lundi leur propre observatoire de la souffrance au travail afin de porter secours aux infirmiers en situation de fragilité et récolter des données précises sur la souffrance des paramédicaux.

« Il y a une hausse de la violence envers les soignants en général, même si les remontées sont encore partielles, souligne Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI-CFE CGC). D'après les chiffres de l'Observatoire national des violences en santé, 10 835 infirmiers ont été victimes d'agressions verbales et physiques en 2018. Cela fait 30 infirmiers agressés par jour, alors qu'il y a quatre ans, cette moyenne était de 15. »

Depuis juillet 2016, douze infirmiers se sont donné la mort sur leur lieu de travail ou en faisant le lien entre leur exercice et leur mal-être. Les syndicats pointent une « pression psychologique » accrue ces dernières années – crainte des agressions, sentiment de solitude, dispersion des tâches – et une insatisfaction chronique au travail, qui s'ajoutent à la pénibilité intrinsèque du métier.

Davantage de réactivité

Concrètement, l'infirmier en souffrance peut se rendre sur le site créé à cet effet et remplir un questionnaire, dont les réponses sont envoyées aux syndicats. « Il peut être question de conflits éthiques, de harcèlement moral, de discrimination ou encore d’un refus de l’administration de répondre aux règlements en vigueur. Il peut enfin s’agir de conflits interpersonnels », peut-on lire sur le texte de présentation. 

L'infirmier pourra, s'il le souhaite, être mis en relation avec un membre d'un des syndicats formé à la souffrance au travail (en fonction de son mode d'exercice). Si l'état du professionnel l'exige, il sera adressé vers une plateforme (Ordre infirmier, plateforme SPS) proposant une aide psychologique. « Si plusieurs professionnels d'un même secteur font une déclaration individuelle, le recueil de données permettra une plus grande réactivité syndicale sur le sujet, notamment face aux tutelles », précisent les organisations à l'initiative de cet observatoire. 

* Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), Convergence Infirmière, Syndicat national des infirmiers conseillers de santé (SNICS-FSU) et Syndicat national des infirmiers éducateurs en santé (SNIES-UNSA).


Source : lequotidiendumedecin.fr