Permanence des soins : les médecins libéraux redoutent d’être dépossédés de la régulation

Publié le 03/09/2012
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Crédit photo : S TOUBON

Les médecins libéraux sont de plus en plus ouvertement inquiets de la tournure des événements dans le champ de la permanence des soins ambulatoires. Ils voient d’un mauvais œil les conclusions d’une mission confiée à l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (ASIP Santé) sur la modernisation des équipements informatiques et de la télécommunication des SAMU Centre 15. Les préconisations de cette étude, qui font l’objet d’une concertation sur le site de l’agence jusqu’au 30 septembre prochain, ne sont en effet pas du goût des médecins libéraux.

Le scenario retenu, prôné par le SAMU, prévoit « une solution unique et mutualisée où applications et téléphonie sont intégrées et disponibles en mode service sur l’ensemble du territoire ». Les régulateurs libéraux redoutent d’être dépossédés de la régulation libérale. Une fédération rassemblant les associations de régulateurs libéraux de onze départements a récemment vu le jour. Elle organisera son assemblée générale constitutive le 20 octobre. Le syndicat MG France a d’ores et déjà indiqué qu’il soutiendrait « toutes les actions proposées par ces associations ».

Un « danger » selon le SML

Le Syndicat des médecins libéraux (SML) n’hésite pas à évoquer le « danger » que représenterait une modification du système d’information de la régulation libérale. « L’aboutissement d’un tel projet aurait pour conséquence de mettre sous tutelle la régulation libérale au profit des SAMU et le risque d’un retrait organisé de la participation des libéraux à l’ensemble de la permanence des soins ambulatoires », affirme le syndicat présidé par le Dr Christian Jeambrun.

Le Dr Philippe Boutin, président CSMF de la conférence nationale des Unions régionales des professionnels de santé (URPS) médecins, est persuadé qu’« il ne peut pas y avoir d’uniformisation de la réponse apportée à la permanence des soins sur le terrain ». « On ne peut aller que dans le sens d’un accompagnement des professionnels, ajoute-t-il. Si cette expérimentation est étendue d’une manière arbitraire, ce sera un échec. »

 CHRISTOPHE GATTUSO

Source : lequotidiendumedecin.fr