Maladie d'Alzheimer : à symptômes égaux, les Afro-Américains n'expriment pas les mêmes taux de biomarqueurs

Par
Damien Coulomb -
Publié le 07/01/2019
alzheimer afro

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Crédit photo : S. Toubon

Les Afro-Américains n'expriment pas les biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer dans les mêmes proportions que les Américains caucasiens, selon une étude américaine publiée par les chercheurs de l'école universitaire de médecine Washington à St Louis (Missouri) dans le « JAMA Neurology ».

Les États-Unis ont la particularité de publier des études dans lesquelles les participants sont séparés selon leur origine ethnique : Caucasiens, Afro-américains, Hispaniques... Cette étude ne déroge pas à la règle. Ici, les auteurs ont repris les données de 1 215 adultes (43 ans et plus) inclus dans les études menées par le centre Knight de recherche sur la maladie d'Alzheimer et se sont demandé si, d'un point de vue des biomarqueurs, il existait une différence entre Afro-Américains et Blancs non-hispaniques. Ils ont examiné le volume de l'hippocampe, les concentrations de protéine béta-amyloïde et Tau.

D'un point de vue clinique, rien ne distingue les populations caucasiennes et afro-américains recrutées dans les études : 67,1 % des Afro-Américains disposaient de fonctions cognitives normales contre 66,9 % des Blancs non hispaniques, et il n'y avait pas de différence significative en ce qui concerne la fréquence des lésions cérébrales ischémiques observée à l'IRM. Cette homogénéité clinique ne se reflétait cependant pas dans les concentrations moyennes de protéine Tau dans le liquide céphalorachidien : 293,65 pg/mL chez les Afro-Américains contre 443,28 pg/mL chez les Caucasiens.

Le niveau de protéine Tau est normalement d'autant plus élevé que le trouble cognitif lié à Alzheimer est important. Cette relation statistique est considérablement amoindrie chez les Afro-Américains recrutés dans le Missouri. « Cela pourrait indiquer que le seuil qui sépare un taux normal de protéine Tau et un taux pathologique n'est pas le même chez les Blancs et chez les Afro-Américains. Ce qui pourrait conduire à l'échec des tentatives de diagnostic chez certains patients », estiment les auteurs. Les chercheurs ajoutent que ces résultats doivent inciter à une inclusion plus importante des Afro-Américains dans les programmes de recherche. 


Source : lequotidiendumedecin.fr