Les cannabinoïdes efficaces dans le traitement des spasticités dans la maladie du motoneurone

Par
Damien Coulomb -
Publié le 09/01/2019

Déjà indiqué dans le traitement des spasticités liées à la sclérose en plaques, le Sativex (spray buccal contenant des cannabinoïdes) réduit également efficacement les spasticités liées à la maladie du motoneurone, une pathologie rare concernant moins d'une personne sur 1 million.

Selon un article publié dans le « Lancet Neurology », les chercheurs des universités de Padoue, de Milan et de Pavie, ont recruté 59 patients dans le cadre d'une étude randomisée en double aveugle de phase 2. Le critère principal d'évaluation était l'évolution du score moyen sur l'Échelle d’Ashworth modifiée. Cette dernière qui comprend 6 niveaux allant de 0 (pas d'hypertonie) à 5 (hypertonie majeure, mouvement passif impossible).

Un groupe de 29 patients ont été mis sous cannabinoïdes (Sativex) et 30 autres ont été mis dans un groupe placebo. Les participants devaient ajuster progressivement les doses pendant les 14 premiers jours de traitement, avant d'observer une période de maintenance pendant 4 semaines.

Des études plus importantes seront nécessaires

Au bout de 6 semaines, les patients sous Sativex ont vu une amélioration du score d'Ashworth de 0,11 point en moyenne, alors que le score moyen du groupe témoin était diminué de 0,16 point, soit une différence significative de 0,32 point en faveur du Sativex. Les auteurs précisent que le Sativex était bien toléré, et qu'aucun participant n'a interrompu l'étude de manière prématurée. « Ces données plaident en faveur d'études cliniques plus vastes », concluent-ils.

Le Sativex contient 2 principes actifs tirés du cannabis : le cannabidiol (CBD) et delta-9-tetrahydrocannabinol (THC). Il dispose d'une autorisation européenne de mise sur le marché dans le traitement de deuxième ligne des spasticités sévères à modérées observées dans la sclérose en plaque. Bien qu'autorisé en France, il n'est pas disponible dans notre pays, faute d'un accord sur le prix.


Source : lequotidiendumedecin.fr