Grossesse et épilepsie : un outil en ligne permet d'évaluer le risque de crise

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 16/05/2019
grossesse

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Crédit photo : S. Toubon

En raison des crises, les femmes atteintes d'épilepsie ont un risque accru de mortalité et de complications en cas de grossesse. Des chercheurs britanniques ont développé un outil, disponible en ligne, permettant de prédire le risque de survenue des crises. Le modèle EMPiRE fait l'objet d'une publication dans « Plos Medecine ».

« Il a montré de bonnes performances pour prédire le risque de crise chez les femmes enceintes sous antiépileptiques », indiquent les auteurs.

Plusieurs paramètres, un score

Pour le mettre au point, ils se sont appuyés sur la cohorte EMPiRE de 527 femmes enceintes atteintes d'épilepsie, recrutées dans 50 centres britanniques entre novembre 2011 et août 2014. Parmi elles, 399 ont permis d'élaborer le modèle prédictif, et les 128 autres ont permis de le valider. Des crises ont été rapportées chez 46 % des femmes du premier groupe et chez 45 % des femmes du second.

Le modèle prend en compte différents paramètres : l'âge à la première crise, le type de crise, les antécédents de troubles mentaux ou de difficultés d'apprentissage, la survenue de crises tonico-cloniques et non tonico-cloniques dans les 3 mois précédant la grossesse, l'admission préalable à l'hôpital pour des crises pendant la grossesse et la dose de base des traitements antiépileptiques lamotrigine et lévétiracétam.

Ces différentes informations sont à renseigner sur la plateforme, qui va calculer un score de risque. Donné en pourcentage, ce score rend compte du risque de survenue d'une crise pendant la grossesse et jusqu'à 6 semaines après l'accouchement. Le modèle est capable de prédire un risque compris entre 12 et 99 %.

Un outil à intégrer dans la prise en charge

Les auteurs n'ont pas défini de seuil critique. « Nous n'avons pas précisé de seuil, car il sera différent en fonction de l'utilisateur – médecin généraliste, spécialiste ou femmes enceintes – et de l'intervention envisagée, explique au « Quotidien » John Allotey, premier auteur de l'étude. Par exemple, un médecin généraliste peut fixer un seuil de 20 % avant d'orienter les femmes vers un centre spécialisé alors qu'un obstétricien fixera un seuil plus élevé pour identifier les femmes à haut risque qui requièrent une surveillance étroite. »

Cet outil a vocation à être intégré à une consultation médicale dès le début de grossesse afin d'optimiser la prise en charge des femmes atteintes d'épilepsie.


Source : lequotidiendumedecin.fr