Dossier

Les températures n'ont pas fini de grimper

COP 24 : 467 aléas sanitaires liés au réchauffement climatique

Publié le 03/12/2018
COP 24 : 467 aléas sanitaires liés au réchauffement climatique

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AFP

Le 19 novembre dernier, une étude américaine parue dans « Nature climate change », a montré combien le changement climatique pouvait avoir d'impacts sur la santé. Camilo Mora, de l'université de Manoa, à Hawaï, et son équipe ont réalisé une synthèse de près de 3 300 études sur le changement climatique publiées depuis 1980. La population mondiale aurait ainsi fait les frais de 467 effets sanitaires différents liés au déréglement du climat : hyperthermie liée aux canicules, noyades causées par les inondations, famines provoquées par une réduction drastique des récoltes, traumatismes liés aux accidents durant les tempêtes et les cyclones. 

Les experts n’ont plus guère de doutes sur l’origine du réchauffement climatique et ses aléas : il est attribué à l’action de l’homme et notamment à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane). « Le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) est de plus en plus affirmatif », estime Hervé Douville, de météo France.

De notre capacité à diminuer nos émissions dépend l’évolution de températures à venir. Plusieurs scénarios sont possibles, du plus optimiste (nous parvenons à contrôler nos émissions et maintenir la température à +1,5 °C) au plus pessimiste, sans aucun contrôle de nos émissions. Dès lors, en matière de chaleur, à quoi faut-il s’attendre ? Nous avons d’ores et déjà été confrontés aux effets désastreux de la canicule de 2003, qui avait fait près de 19 500 victimes en France. La canicule de 2018, bien que moins dévastatrice, a elle aussi marqué les esprits par son intensité. Dans les scénarios les plus pessimistes, dans lesquels aucun effort d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre n’est réalisé, l’été 2003 apparaît comme un événement normal, voire légèrement frais (voir schéma ci-dessus). Autant dire que ce genre de simulation sonne comme une exhortation à diminuer nos émissions. « Toutefois, si on s’intéresse uniquement aux quelques jours de canicule d’août de 2003, ce genre d’événement restera relativement rare à la fin du XXIe siècle. Il faut éviter de dramatiser », insiste Hervé Douville, de météo France. À l’avenir, les experts estiment toutefois que les étés seront probablement bien au-delà des températures actuelles, avec moins d’extrêmes froids, plus d’extrêmes chauds. 

Le problème n’est pas seulement la chaleur, c’est aussi l’assèchement des sols. De fait, en termes d’impact sur la santé, les projections sont plus ou moins négatives en fonction de la température et de l’humidité. Or « cet assèchement est en cours dans le sud de l’Europe où l’on constate une diminution du débit des fleuves », note l’expert qui insiste sur l’importance de ne pas paniquer. Il reste en effet de grandes sources d’incertitudes dans les scénarios et modélisations des climatologues : que vont faire les politiques pour limiter les émissions ? Comment se comporte la variabilité interne du climat. L’effet de l’homme sur le climat peut être masqué ou au contraire amplifié par la variabilité climatique, qui dépend des températures de l’Atlantique Nord. Or celle-ci est encore assez méconnue des scientifiques. Ce qui ne doit pas empêcher les hommes politiques de prendre des vraies mesures pour contenir nos émissions.

 

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