Cellules CAR-T, une piste pour améliorer les performances dans les tumeurs solides

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 01/03/2019

Comment faire pour que les cellules CAR-T, qui ont révolutionné le pronostic de certaines hémopathies en rechute, gagnent en efficacité dans les cancers solides ? Des chercheurs californiens proposent une piste pour lutter contre l'épuisement des cellules T, un phénomène à l'origine de la perte d'efficacité des CAR-T dans les cancers solides. 

L'équipe de Anjana Rao à l'Institut d'immunologie La Jolla montre dans « Nature » que les facteurs de transcription NR4A jouent un rôle important dans la faible réponse intrinsèque des cellules T. L'inhibition de NR4A pourrait être une stratégie prometteuse en immunothérapie, suggèrent les chercheurs. 

Une technologie de rupture

La technologie innovante des cellules CAR-T consiste à prélever les cellules T du patient, à les modifier génétiquement ex vivo de sorte que ces cellules tueuses ciblent les cellules tumorales, puis de les réintroduire chez le patient.

Le pronostic des leucémies aiguës lymphoblastiques et des lymphomes en rechute a été transformé, mais le développement des cellules CAR-T dans les cancers solides est plus difficile. Les cellules T deviennent rapidement inefficaces au sein de la tumeur par épuisement.

Tumeurs plus petites, survie plus longue

Dans un modèle murin, les chercheurs ont montré que le traitement par des cellules CAR-T n'exprimant pas 3 facteurs de transcription NR4A après manipulation génétique se traduisait par des tumeurs plus petites et une survie plus longue. La majorité des souris traitées par les cellules CAR-T délétées pour NR4A étaient vivantes à la fin de l'expérience sur 90 jours, les tumeurs ayant régressé de taille. À l'inverse, presque tous les rongeurs du groupe CAR-T exprimant NR4A sont décédés au 35e jour. 

Pour Joyce Chen, premier auteur : « C'est très encourageant d'identifier et de démontrer la fonction de facteurs de transcription qui ont un rôle fort dans l'épuisement des cellules T. » Mais pour la chercheuse, ce n'est qu'un début, d'autres facteurs de transcription sont très probablement impliqués et restent à découvrir, notamment ceux directement affectés par les facteurs NFAT et NR4A.


Source : lequotidiendumedecin.fr