À 80 ans, le Pr Escande, ponte de la dermatologie, reprend du service dans une clinique de Brive

Par Jean-Pierre Gourvest
Publié le 24/06/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
Pr Jean-Paul Escande

Pr Jean-Paul Escande
Crédit photo : Pr Jean-Paul Escande

À la clinique des Cèdres, centre médico-chirurgical de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), on ne parle plus que du Pr Jean-Paul Escande, qui a repris du service à 80 ans. Le praticien de renom, ponte de la dermatologie, qui s'ennuyait ferme à la retraite, vient de relancer une activité de consultation au service des Brivistes « pour être utile, pour la médecine, et par passion pour sa profession ». 

Certains y voient une première : un spécialiste octogénaire de réputation internationale, qui ré-endosse la blouse blanche après quelques années de retraite, et se met plusieurs jours par semaine au service d’une patientèle locale en manque de spécialistes. 

Saga médicale et médiatique 

L’histoire de Jean-Paul Escande – né à Brive en mars 1939 – tient de la saga médicale. Études à Paris, professeur à 35 ans à Cochin (AP-HP) où il fera toute sa carrière, chef de service de dermatologie à 44 ans, il travaille rapidement sur les cancers de la peau et le mélanome malin. Également diplômé d'immunologie à l'Institut Pasteur, chercheur en biologie, il dirige un service consacré au sida lors de l’arrivée des premiers malades en France (1981). Mais son histoire est aussi médiatique. En 1975, un livre à succès « Les médecins » le lance dans le grand bain et il devient de son propre aveu « une petite vedette des médias de l’époque ». 

« Je n’ai jamais pris un centime à mes patients, assure-t-il au “Quotidien”, me contentant des salaires versés par la fonction publique, je n’avais aucun intérêt à me faire de la pub, mais j’adorais la communication. Je me suis retrouvé éditorialiste à Radio Monte Carlo, réalisateur télé, chroniqueur à France Inter. J’ai aussi écrit quelques livres. Par contre, j’ai toujours refusé de faire de la politique malgré les appels du pied de Jacques Chirac, occupé et passionné par mon métier. »

Un coup de main

Mis à la retraite à 68 ans, il effectue durant huit ans des remplacements, avant de raccrocher (provisoirement) son stéthoscope en 2016. Mais revenu à Brive occuper la maison de ses parents (son père est décédé à 105 ans), il ne sera pas resté inoccupé très longtemps. « Je me sens en pleine forme. Honnêtement, à la retraite, je m'ennuyais », confie-t-il aussi à nos confrères du « Parisien ».

C'est donc la clinique des Cèdres qui lui offrira cette nouvelle jeunesse. « J’ai bien l’intention de me replonger dans la dermato, explique au “Quotidien” Jean-Paul Escande. On a mis à ma disposition un cabinet que j’occuperai plusieurs jours par semaine, sous le statut de médecin libéral, hébergé par le centre de soins. Je suis payé à la consultation et mes gains seront ceux de la profession, au sein d’un univers médical débordé auquel j’espère donner un coup de main. Je crée un service qui n’existe pas aux Cèdres, mais que je vais développer. Mais je continuerai l’écriture, tout en pratiquant ! »

Du côté de la direction de l’établissement et de ses confrères, on se réjouit de ce renfort inattendu. « Je ne serais pas venu à Brive faire la guerre aux autres, souligne-t-il. Je suis simplement heureux de me retrouver sur mes terres et de rendre service. » Pour combien d’années ? Le Pr Escande s’en amuse : « A genoux et prions… » En bonne santé, il a signé avec la clinique un contrat renouvelable annuellement. Et puis, 80 ans, après tout, c’est un cap, ensuite « la vie continue ».   

De notre correspondant Jean-Pierre Gourvest

Source : lequotidiendumedecin.fr