Une campagne en images pour sensibiliser à la méningite

Publié le 24/04/2014
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Crédit photo : Anne Geddes

« Je voudrais que ces images résonnent à travers le monde ». Anne Geddes, photographe australienne connue pour ses clichés de nouveau-nés, a mis son appareil au service d’une cause : le combat contre la méningite. À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie de ce jeudi 24 avril, elle présentait à Paris une série de portraits d’enfants qui ont survécu à la bactérie.

Des prises de vue où les stigmates de la maladie n’enlèvent rien à la beauté des enfants. Les membres amputés sont clairement visibles, presque exposés, mais les images dégagent une indéniable impression de sérénité. « Ce projet vise à célébrer le triomphe des survivants », explique l’artiste. Il fait partie d’une campagne mondiale intitulée : « Protégeons nos enfants, protégeons notre avenir », organisée par le CoMO (Confederation of Meningitis Organisations, un organisme australien qui fédère des associations du monde entier luttant contre la méningite) avec le soutien de Novartis Vaccins.

Une maladie rare mais souvent mortelle

Le message essentiel de cette campagne consiste à alerter le public, mais aussi les médecins, sur les symptômes de cette maladie peu fréquente mais mortelle dans 8 % des cas : en France, le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » n’a recensé que 559 infections invasives à méningocoques (et 46 décès) en 2012.

Cette rareté rend la tâche plus difficile pour les praticiens, peu habitués à diagnostiquer l’infection. Une difficulté renforcée par le fait que les symptômes peuvent être confondus avec ceux de la grippe. D’après le Pr Jean-Christophe Mercier, chef du service d’accueil des urgences pédiatriques à l’hôpital Robert Debré, « repérer une infection bactérienne chez un enfant fébrile revient à trouver une aiguille dans une botte de foin ».

La bonne information des parents et des médecins sur le sujet est donc cruciale, et ce d’autant plus que la rapidité de la prise en charge est un facteur essentiel de survie des patients. « J’ai perdu beaucoup de temps, et le temps est précieux », explique Patricia Mehrant-Sorel, mère d’une petite fille décédée de la méningite il y a onze ans. Elle préside maintenant l’association Petit Ange, l’un des relais français de la campagne.

Vacciner ou ne pas vacciner ?

Quelle que soit la réactivité des parents et des médecins, le Pr Mercier estime que le meilleur espoir contre la maladie est la vaccination. Le vaccin contre le méningocoque C est maintenant recommandé en France pour tous les enfants à l’âge de 12 mois, mais la couverture reste faible : elle est d’après le spécialiste de l’ordre de 50 %, alors qu’il faudrait atteindre 80 % pour éradiquer ce sérogroupe.

Un vaccin contre le méningocoque B, produit par Novartis, a quant à lui obtenu une Autorisation de mise sur le marché (AMM) en janvier 2013. Mais il n’est pour l’instant pas recommandé en France dans le cadre d’une stratégie globale de prévention des infections. D’après le Pr Mercier, il se pourrait pourtant que cela change : la Grande-Bretagne, qui avait d’abord jugé le vaccin trop cher, a décidé en février dernier de l’inclure dans son calendrier vaccinal à partir de 2 ans. Nos voisins d’outre-Manche seraient-ils en avance sur nous ? Comme l’indique avec humour le Pr Mercier : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ».

Adrien Renaud

Source : lequotidiendumedecin.fr