Syrie : des médecins déplorent l'essoufflement des dons et du soutien international

Par
Coline Garré -
Publié le 14/06/2017

Après six années de conflit en Syrie, les donateurs se sont lassés, malgré une situation humanitaire et médicale toujours critique, ont déploré ce 13 juin des médecins syriens partenaires d'ONG comme Syrian American medical society (SAMS) et l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), venus en Europe pour tenter de remobiliser les gouvernements étrangers.

Deux d'entre eux ont vécu le siège d'Alep-est (juillet-décembre 2016), les Dr Farida et Abdulkhalek. La première, obstétricienne, a vécu le siège d'Alep. Elle vit désormais dans la province d'Idlib (nord-ouest), où ont été évacuées des dizaines de milliers de civils et de combattants de zones rebelles reprises par le régime de Damas. « La situation à Idlib est très mauvaise, si les ONG cessent leurs activités, les hôpitaux fermeront les uns après les autres », décrit-elle, estimant à 3 millions le nombre de personnes vivant dans la province. « De jour en jour, les soutiens cessent. Nombreux se sont lassés, car nous sommes dans la septième année de guerre », explique-t-elle.

Le troisième médecin, le Dr Morad, a été témoin de l'attaque chimique de Khan Sheikoun dont il dirigeait l'hôpital, le 4 avril où au moins 88 personnes dont de nombreux enfants ont succombé à du gaz sarin, selon les services de renseignements turcs et occidentaux. « Il est extrêmement difficile de faire sortir les gens qui ont besoin d'aide médicale, ou de faire entrer l'aide » en Syrie, notamment depuis la Turquie, a-t-il déploré. « Les donations des pays étrangers sont de plus en plus réduites. On ne peut pas les blâmer, parce qu'ils ont versé beaucoup d'argent (en sept ans), mais c'est tellement important. Une toute petite aide peut faire une énorme différence », a résumé John Dautzenberg, de la Syrian American Medical Society Foundation (SAMS), organisatrice de la tournée des médecins.

La guerre en Syrie a fait plus de 320 000 morts et des millions de réfugiés depuis mars 2011. 

C. G. (avec AFP)

Source : lequotidiendumedecin.fr