Pour 2019, MG France veut des CPTS « sexy » et des ARS « bienveillantes »

Par Loan Tranthimy
Publié le 17/01/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

Après les vœux offensifs de la CSMF, pestant contre les énarques et les technocrates, MG France a présenté les siens à son tour ce jeudi. Le président du syndicat de généralistes, le Dr Jacques Battistoni, espère que « l'année 2019 verra un début d'amélioration sensible des conditions d'exercice des médecins et qu'ils puissent bénéficier d'un soutien, d'une fonction support pour avoir du temps médical disponible pour leurs patients ».

Au gouvernement, il souhaite qu'il retrouve « le chemin du dialogue constructif avec la population et les professionnels dont les syndicats de médecins libéraux ». « Cela n'a pas été le cas », cingle le généraliste normand qui cite l'avant-projet de loi de santé. « Le texte a été écrit sans aucune concertation. Nous devons être les acteurs de la construction du système de santé », ajoute le chef de file des généralistes.

Au lendemain de la première séance de négociation conventionnelle sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), le Dr Battistoni rappelle l'intérêt d'une réorganisation territoriale de la santé pour répondre aux problématiques d'accès aux soins et surtout pour éviter les « dispositifs de contournement du parcours de soins » notamment par les « téléconsultations hors sol ».

Lignes rouges

Dans le cadre de ces négociations, MG France exhorte la CNAM à éviter deux écueils : imposer un cadre « rigide » avec un cahier des charges directif et « sous-estimer les contraintes » des libéraux. « Les médecins manquent de temps et ne sont pas formés pour monter des projets », dit-il. « On doit rendre la CPTS sexy pour que les médecins y aillent », renchérit le Dr Margot Bayart, vice-présidente de MG-France.

Pour donner envie aux médecins, le syndicat réclame deux garanties : un engagement financier « pérenne » et une facilitation pragmatique des projets. « Les agences régionales de santé doivent être des accompagnateurs bienveillants. On n'a pas besoin de juge, le cadre conventionnel suffit ! Le médecin n'a pas à renégocier avec l'ARS », tranche-t-il.

Concernant les négociations sur les assistants médicaux, qui s'ouvriront le 24 janvier, le patron des généralistes rappelle ses lignes rouges. Le dispositif devra être accessible à tous les médecins, y compris aux généralistes isolés. La lettre de cadrage d'Agnès Buzyn ne va pas dans ce sens car elle réserve cette aide aux médecins libéraux exerçant en cabinet de groupe.

Pour MG France, l'assistant médical devrait permettre aux médecins de dégager du temps médical. « Ce n'est pas exclusivement un profil de soignant », prévient le Dr Battistoni. Là encore, MG France exige un financement pérenne pour permettre aux médecins de recruter dans la durée. « Si c'est une course à l'acte pour pouvoir financer l'assistant médical, je pense que cela ne va pas bien se passer », met-il en garde.  


Source : lequotidiendumedecin.fr