Paris veut une protection maternelle et infantile renouvelée, plus proche des précaires et des jeunes

Par Coline Garré
- Publié le 05/11/2015
- Mis à jour le 05/11/2015

Crédit photo : S. Toubon

La maire de Paris Anne Hidalgo a dessiné les contours d’une protection maternelle et infantile (PMI) « moderne et efficace, notamment en matière de réduction des inégalités sociales de santé », lors de la clôture ce 3 novembre des états généraux de la PMI, lancés en janvier 2015.

Seule compétence sanitaire décentralisée, la PMI est face à de nombreux défis, comme celui d’assurer une mission de prévention et de soins universelle tout en protégeant les publics fragiles, et trouver sa place dans la future réforme territoriale. « Alors qu’elles sont incontournables, je sais que les PMI rencontrent depuis plusieurs années des doutes quant aux limites de leur rôle et à l’étendue de leurs missions », a déclaré Anne Hidalgo. Il y a un an déjà, le Syndicat national des médecins de PMI déplorait « une situation d’instabilité ».

Parcours de santé

La maire socialiste a distingué 4 grandes orientations pour « construire la PMI du XXIe siècle », à commencer par l’amélioration du parcours de santé autour de la naissance et du jeune enfant. Fidèle à la stratégie promue par le conseil économique et social, l’accent est mis sur les collaborations : avec les centres de planification et d’éducation famille (CPEF) pour la mise en place d’une consultation post-natale dans les six premières semaines, avec les secteurs de pédopsychiatrie pour la détection des dépressions périnatales, ou encore avec les centres de néonatalogie. Dans tous les centres de PMI, des consultations de puéricultrice devraient être mises en place pour le premier accueil de nouveau-né sortant de la maternité, et pour l’examen au 5e mois de l’enfant.

Deuxième axe, la PMI doit être un maillon du parcours de santé des 12-25 ans, notamment en matière de prévention et d’ouverture des droits à l’assurance-maladie. Une permanence dédiée à ces questions sera tenue par des jeunes en service civique dans les CPEF, qui accueilleront aussi des consultations de planification familiale destinées aux adolescents. Des conventions devraient être signées avec l’Éducation nationale et l’agence régionale de santé autour d’objectifs communs.

PMI hors les murs

Le 3e axe concerne les personnes en situation de précarité. Deux centres de PMI devraient ouvrir un dispositif d’accueil des populations à la rue, une consultation de suivi de grossesse est prévue pour les femmes précaires, et des interventions hors les murs devraient être organisées avec les associations et services sociaux. La PMI devrait intégrer les dispositifs existants pour les familles migrantes et réfugiées.

Enfin, l’élaboration d’indicateurs et de diagnostics devrait permettre de mieux inscrire dans le territoire les services de PMI, qui seront par ailleurs intégrés aux conférences sociales de territoire et aux conseils locaux de santé.