L’Office français de prévention du tabagisme va fermer ses portes après 16 ans d’activité

Publié le 11/02/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

L’Office français de prévention du tabagisme (OFT) a déposé le bilan le 20 janvier dernier suite à trente mois d’agonie financière, le juge en charge de l’affaire se prononcera le 19 février sur la viabilité de l’association. « Il y a 99,9 % que ce soit une liquidation judiciaire », a commenté Joseph Osman, le directeur de l’OFT. « L’OFT a quasi cessé son activité le 5 février, c’est une fin totale », s’est exprimé le Pr Dautzenberg, pneumologue tabacologue, président de l’OFT. Cette fermeture fait suite à la perte en juillet 2012 de la gestion de la ligne Tabac Info Service en faveur de la société commerciale Direct Medica, spécialisée dans la revente de produit pharmaceutique dont l’ex-trésorière de l’OFT, Sophie Kerob-Schonborn, en est la directrice. Après deux ans de combats judiciaires, l’OFT perd la gestion de la ligne Tabac Info Service. « C’est la cause majeure, la ligne Tabac Info Service représenté 80 % de l’activité de l’OFT, a souligné le Pr Dautzenberg, Nous avons fait un bilan à 0 cette année, nous n’avons pas eu le temps de rattraper le retard… »

De l’aide à l’arrêt à la cigarette électronique

La ligne Tabac Info Service a été créée en 2000 par l’OFT avec l’aide du Comité d’éducation français pour la santé (CFES), puis en 2002, elle a été développée par l’OFT avec l’Institut national de prévention et d’éducation de la santé (INPES). Plus de 40 tabacologues experts ont suivi des personnes désireuses d’arrêter de fumer en proposant un bilan et un suivi médical sur RDV. Près de 200 000 entretiens téléphoniques ont été réalisés depuis la création de la ligne Tabac Info Service, jusqu’à sa reprise par Direct Medica sur décision de l’INPES.

L’OFT a milité, depuis sa création en 1998, pour promouvoir l’aide à l’arrêt du tabac en France et en Europe auprès du public, des pouvoirs public, des entreprises et des professionnels de santé. L’association a, entre autres, formé des médecins du travail, des sages-femmes et des infirmières à la thématique ; elle a contribué à la régression du tabagisme passif et suivi la mise en œuvre du décret d’interdiction de fumer. Elle a également mené des actions de sensibilisation et d’accompagnement à l’arrêt du tabac auprès du public fragilisé ou en situation de précarité, des jeunes ou des jeunes parents… L’OFT a également observé et accompagné le développement de l’e-cigarette.

Aujourd’hui « tout ça s’arrête. On a l’impression que cela n’a servi à rien, au moment où il y a toujours plus de fumeurs. On prive une des seules associations d’aider les fumeurs, alors que les associations pour l’arrêt du tabac devraient être plus nombreuses », a expliqué Joseph Osman.

Après 16 années d’activités dont 10 de partenariat avec l’INPES, l’équipe et ses quatre salariés jettent l’éponge avec le sentiment que beaucoup restait à faire : « Le travail qui reste à accomplir est pourtant considérable et nous espérons que le vide laissé par la disparition de l’OFT, ne marquera pas le recul du combat contre le tabac », concluent-ils.

Sophie Martos

Source : lequotidiendumedecin.fr