Le nombre d’interventions en chirurgie ambulatoire devrait doubler en 2020, selon Unicancer

Publié le 17/10/2013
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Crédit photo : S. TOUBON

La cancérologie en 2020 fera la part belle aux traitements ciblés, souvent délivrés à domicile, et aux hospitalisations courtes, selon une étude révélée par Unicancer, la fédération française des centres privés de lutte contre le cancer.

Pour tenter de caractériser l’évolution de la prise en charge des cancers, les investigateurs ont réalisé 40 entretiens de médecins spécialistes entre février à juin 2013. L’analyse a permis de dégager six grandes tendances.

La chirurgie ambulatoire, permettant au patient de quitter l’hôpital le jour même de son admission, devrait doubler d’ici 2020. La moitié des opérations pour un cancer du sein devrait se faire en ambulatoire contre 12 % aujourd’hui. Pour des interventions sur les ovaires ou la thyroïde, 15 % des opérations se feront en ambulatoire contre, respectivement, 3 % et 1 % en 2012.

« Le rôle de l’hôpital dans la prise en charge des cancers évoluera pour être moins centré sur le séjour hospitalier et plus focalisé sur la coordination », a expliqué le Pr Josy Reiffers, président d’Unicancer. « La prise en charge des patients atteints de cancer se caractérisera par une succession d’interventions très spécialisées lors des épisodes aigus, suivie de phases d’accompagnement et de surveillance », a-t-il indiqué.

Chimio à domicile

Les retours plus rapides d’hospitalisation s’accompagneront d’une multiplication des soins à la maison, dont les chimiothérapies. « Nos experts estiment qu’une tendance majeure des années à venir, sous-estimée aujourd’hui, est la possibilité de réaliser les chimiothérapies intraveineuses à domicile », relève la fédération. Environ 14 % des chimiothérapies dans le cancer du sein pourront se faire à domicile en 2020 contre 3 % actuellement. Une tendance favorisée par la généralisation des chimiothérapies par voie orale.

Le recours aux thérapies dites ciblées du fait d’une meilleure caractérisation des tumeurs, constitue également une tendance forte des années à venir. En revanche, le nombre des séances de radiothérapie sera réduit, ce qui diminuera les obligations de déplacements des malades vers l’hôpital. Par exemple pour une bonne part des traitements dans les cancers du poumon, le nombre des séances passera de 30 actuellement à cinq en moyenne.

La radiologie interventionnelle, plus précise et moins invasive, prendra une place prépondérante avec une multiplication par cinq du nombre des hospitalisations pour ce type d’interventions. Enfin le développement des soins de support permettra de mieux prendre en charge le patient dans sa globalité avant et après le cancer. L’étude a identifié « des évolutions très bénéfiques pour les patients et des sources d’économie pour l’Assurance maladie. Cependant le système de santé actuel n’encourage pas leur développement », a déploré le Pr Josy Reiffers.

 Dr LYDIA ARCHIMÈDE

Source : lequotidiendumedecin.fr