La Nouvelle-Calédonie sort prudemment du confinement

Par
Sylvie Nadin -
Publié le 22/04/2020

Crédit photo : DR

Les commerces ouvrent à nouveau, les déplacements sont autorisés sans attestation, les écoles font progressivement leur seconde rentrée… Premier territoire français à sortir du confinement, au bout de quatre semaines, la Nouvelle-Calédonie reprend petit à petit un rythme normal depuis lundi 20 avril.

L’absence de nouveaux cas détectés depuis le début du mois laisse supposer que le virus ne se propage pas sur le territoire. « Les mesures prises ont permis d’endiguer la propagation du virus à dix-huit personnes, dix cas importés et huit cas secondaires mais aucun autochtone », énonce Christopher Gygès, porte-parole du gouvernement calédonien.

Résultats de dépistage négatifs depuis le 4 avril

Après les premiers cas de Covid-19 dépistés le 18 mars dernier, il n’avait fallu que quelques jours au gouvernement pour fermer aéroports, écoles, restaurants et décréter un confinement strict de la population. Aujourd’hui, « les résultats de dépistage, tous négatifs depuis le 4 avril, permettent de considérer que les mesures de confinement de la population peuvent être adaptées », explique le Dr Michel Belec, médecin inspecteur de santé publique de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales de Nouvelle-Calédonie. « La probabilité que le virus circule sur le territoire se réduit chaque jour qui passe sans nouveau cas détecté, même si nous ne pouvons affirmer être définitivement hors de danger tant que le monde est en situation de pandémie et qu’il n’y a pas de vaccin. Il ne s’agit pas d’être trop prudent ou inconscient, il s’agit de mettre en place les mesures proportionnées, adaptées au niveau de risque en Nouvelle-Calédonie », ajoute-t-il.

Règles de prudence à observer

Les Calédoniens doivent continuer de respecter les gestes barrières et la distanciation sociale ; les rassemblements de plus de cinquante personnes sont interdits et les vols internationaux restent suspendus. Les Calédoniens rapatriés doivent respecter une quatorzaine dans un hôtel puis un confinement strict à domicile durant une semaine supplémentaire. La prudence est de mise.

« Nous souhaitons tous revenir à notre vie d’avant. Ce sera possible lorsqu’un vaccin efficace sera disponible. D’ici là, tout le monde peut déjà s’adapter à un "nouveau normal" qui aura ses contraintes et ses limites, développe le Dr Michel Belec. Nous devons vivre avec la pandémie de Covid-19. Si les Calédoniens maintiennent leur vigilance, et acceptent les mesures contraignantes, nous pourrons éviter la mort en grand nombre des personnes vulnérables au Covid-19, nombreuses en Nouvelle-Calédonie. »

L’hôpital toujours prêt face au Covid-19

Le centre hospitalier territorial (CHT) Gaston-Bourret est prêt à reprendre un rythme normal. Aujourd’hui, le service Covid, qui a accueilli, dans des conditions maximales de confinement, l’ensemble des patients porteurs du virus, ne compte plus qu’un seul patient. Il restera encore à disposition afin d’en admettre de nouveaux en cas de besoin. « Nous pouvons revenir en arrière très vite. Néanmoins, s’il y a une nouvelle vague de cas, nous pouvons être prêts très rapidement et répondre en 24 à 48 heures, décrit le Dr Thierry de Greslan, président de la commission médicale de l’établissement. En métropole, les services ont été vite débordés. Nous avons la chance ici d’avoir pu anticiper et se préparer au maximum. »

L’hôpital a repris les consultations en allongeant leur durée afin de désemplir les salles d’attente et la téléconsultation est privilégiée pour les personnes fragiles. Cependant, le Dr Thierry de Greslan s’inquiète : « Depuis une quinzaine de jours, nous observons de nombreuses personnes annuler leurs rendez-vous. Or, si les gens ne consultent plus, ils risquent d’aggraver leur état. Il y a eu une baisse de 40 à 50 % de la fréquentation des urgences. »

Afin de minimiser les risques et permettre aux gens de se sentir en sécurité, un tri est effectué à l’entrée de l’établissement pour séparer les personnes suspectes des autres et la température des personnels soignants est prise dès qu’ils arrivent au CHT.

Sylvie Nadin (Nouméa, Nouvelle-Calédonie)

Source : lequotidiendumedecin.fr