La Grande-Bretagne en guerre contre le « binge drinking »

Publié le 23/03/2012

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé vendredi une série de mesures pour lutter contre le « binge drinking », ces beuveries qui coûtent près de 3,2 milliards d’euros par an au service public de santé. « Le binge drinking entre pour moitié dans la consommation d’alcool de ce pays », a déclaré le Premier ministre. « Mon message est simple. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. »

Il propose d’introduire un prix minimum de 50 centimes d’euro par unité d’alcool. La mesure frappera en priorité les cidres vendus à bas prix, les bières fortes et les spiritueux bradés. Ce prix minimum vise à contenir l’achat d’alcool à prix bradés dans les supermarchés. « Soyons clairs, ceci ne va pas porter atteinte aux pubs », a assuré David Cameron.

Le gouvernement veut en revanche introduire une taxe pour les pubs qui ouvrent tard, une façon de compenser le coût pour assurer la sécurité publique dans leur voisinage. La culture du « binge drinking » s’est traduite l’an dernier par 1,2 million d’hospitalisations et un million de délits et crimes liés à l’alcool, selon les chiffres officiels. Le coût total pour la société est estimé à 25 milliards d’euros par an.

La future législation s’appliquera en Angleterre et au Pays-de-Galles. L’Écosse envisage également un prix minimum pour l’alcool. Une consultation publique sera lancée cet été. Mais d’ores et déjà, la fédération du commerce de détail a vigoureusement protesté. En revanche, les associations de lutte contre l’alcoolisme et le corps médical se sont félicitées de cette annonce. Environ 39 % des hommes britanniques et 31 % des femmes dépasseraient les limites raisonnables de consommation quotidienne d’alcool, soit 3 à 4 unités d’alcool par jour pour les hommes et deux à trois pour les femmes. Le service public de santé a également publié, hier, une enquête montrant que les maladies du foie ont augmenté de 25 % au Royaume-Uni ces dix dernières années. Chez les jeunes, les maladies du foie liées à l’alcool ont progressé de 60 % en sept ans, selon une autre étude.

S. H.

Source : lequotidiendumedecin.fr