Hépatite C : la prescription des antiviraux à action directe ouverte aux non spécialistes

Par
Damien Coulomb -
Publié le 21/05/2019
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Crédit photo : PHANIE

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié ce lundi 20 mai un parcours simplifié dans le traitement de l'hépatite C. Il est désormais possible, pour les non spécialistes et notamment les généralistes, de prescrire deux antiviraux à action directe : Maviret (Glécaprévir et Pibrentasvir, AbbVie) ou Epclusa (Sofosbuvir et Velpatasvir, Gilead). Le choix de ces deux antiviraux en particulier par les autorités ne doit rien au hasard, puisqu'il s'agit de traitements pangénotypiques qui peuvent donc être prescrits sans génotypage du virus.

Cette ouverture de la prescription était prévue dans le plan français d'élimination du virus de l'hépatite C présenté en décembre dernier.

Un parcours simple pour des patients simples

Le parcours simplifié de la HAS reprend l'essentiel des recommandations de l'Association pour l'étude du foie (AFEF). Il s'applique aux patients dont la prise en charge ne présente pas de difficulté particulière. Le parcours ne concerne donc pas les patients insuffisants rénaux (DFGe < 30 ml/min/1,73 m2), les patients coïnfectés VIH-VHC, ceux présentant des comorbidités non ou mal contrôlées (consommation d'alcool à risque, diabète, obésité...), ou ayant connu un échec de traitement de l'hépatite C. Dans ces cas de figure, les patients doivent être orientés vers un hépatologue.

La prise en charge en médecine générale commence par le dépistage, qui se base sur une sérologie par test immunoenzymatique de 3e génération, éventuellement précédé d'un test rapide d'orientation diagnostique (TROD) pour les personnes à risque éloignées des structures d'accès commun et chez les personnes à risque non ou insuffisamment dépistées. Un résultat négatif du TROD exclut une infection par le VHC, sauf en cas de suspicion d'infection récente. Dans ce dernier cas, une nouvelle détection des anticorps anti-VHC doit être menée 3 mois après.

Une fois l'infection diagnostiquée, le bilan initial porte sur les comorbidités, et comporte un bilan sanguin et une évaluation de la gravité de l'atteinte hépatique (Fibrotest, Fibromètre ou FibroScan).


Source : lequotidiendumedecin.fr