Frédéric Valletoux (FHF) suggère à ses « amis libéraux » de se structurer autour de CPTS « obligatoires »

Par Anne Bayle-Iniguez
Publié le 21/05/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, a inauguré ce mardi matin la Paris Healthcare Week, grand salon annuel hospitalier, par un long discours aux accents politiques prononcés devant un parterre de plusieurs centaines de visiteurs et de personnalités du monde de la santé.

Après s'être offert une promenade dans les allées, comme un ministre de la Santé a l'habitude de le faire (Agnès Buzyn était absente à l'ouverture pour cause de droit de réserve et d'élections européennes mais elle est attendue mercredi soir), Frédéric Valletoux a évoqué les grands enjeux du secteur dont l'urgence d'un « choc d'attractivité » pour l'exercice hospitalier, la nécessité de revaloriser à la fois les carrières médicales et paramédicales, l'urgence aussi de se pencher sur le sujet de la qualité de vie au travail ou encore de définir un statut « renforcé » pour l'emploi médical à l’hôpital plutôt que des contrats « bricolés ». 

Dépoussiérer la ville avec des CPTS obligatoires

Mais Frédéric Valletoux a consacré également une partie de son discours à la réforme de l'organisation territoriale des soins, qu'il appelle de ses vœux… notamment pour la médecine libérale. Pas question en effet, pour le patron de la FHF, de négliger la réforme de l'organisation soins de ville ! « Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) devraient devenir, au-delà de leur rôle premier d’organisation de la pratique libérale, un lieu de dialogue entre professionnels libéraux et hospitaliers. Le président de la République avait évoqué leur caractère obligatoire à un horizon de trois ans », a-t-il souligné.

De fait, dans son discours de présentation de la stratégie de transformation du système de santé, le 18 septembre 2018, le chef de l'État avait insisté sur la nécessité de « développer » les CPTS, dont les modalités d'organisation sont en fin de négociation avec l'assurance-maladie. « Nous devrons faire que ces communautés professionnelles couvrent tous les territoires d'ici au 1er juillet 2021 » avait-il lancé.

Sans indiquer noir sur blanc le caractère obligatoire de l'adhésion à ces groupements de libéraux, Emmanuel Macron avait évoqué la « responsabilité » des professionnels de santé au regard des besoins de la population : « Il faut que tous les professionnels d'un territoire s'engagent, travaillent ensemble et portent une responsabilité collective vis-à-vis des patients et de la population. Le cadre de cet engagement sera la constitution de communautés professionnelles territoriales de santé qui doivent aussi faire le pont entre les établissements de santé, notamment les hôpitaux de proximité et avec le secteur médico-social (...) Je veux précisément que l'exercice isolé devienne progressivement marginal, devienne l'aberration et puisse disparaître à l'horizon de janvier 2022. »

Ce mardi, Frédéric Valletoux a donc mis en garde le gouvernement contre la tentation de revenir sur cet engagement pour ne dépoussiérer que partiellement l'organisation des soins primaires. « J'espère, j’espère vraiment que cet objectif reste bien encore celui du directeur général de l’Assurance-maladie et du gouvernement lorsqu’ils négocient avec nos amis des syndicats de médecins, a-t-il lancé. Nous avons fait les groupements hospitaliers de territoire qui étaient obligatoires, il n'y a aucune raison que nos amis libéraux ne réussissent pas à se structurer brillamment autour des CPTS ! »


Source : lequotidiendumedecin.fr