En Chine, la fin de la politique de l'enfant unique a moins relancé la natalité que prévu

Par Coline Garré
Publié le 29/08/2019
- Mis à jour le 30/08/2019

Crédit photo : AFP

La fin de la politique de l'enfant unique en Chine aurait permis quelque 5,40 millions de naissances supplémentaires entre juillet 2016 et décembre 2017, évaluent des chercheurs chinois et américains, dans un article paru le 21 août dans le « British Medical Journal ». 

La Chine a autorisé tous les couples à avoir deux enfants, en octobre 2015. Quelque 90 millions de femmes étaient concernées, avec l'espoir d'obtenir entre 1 million et plus de 10 millions de naissances supplémentaires annuelles. 

S'appuyant sur deux registres nationaux de données, l'un au niveau des provinces, l'autre des hôpitaux, les chercheurs ont observé un impact direct de la politique de l'enfant unique. « Après juin 2016, les accouchements chez les femmes multipares se sont révélés significativement plus nombreux que ceux des nullipares », notent les auteurs. Chaque mois, il y aurait eu 300 000 naissances supplémentaires soit 5,4 millions de naissances en plus sur l'ensemble de la période (juillet 2016 à décembre 2017). 

« Dans la continuité du changement de politique, les naissances multiples sont devenues la norme », poursuit l'étude. Ainsi, entre juillet 2016 et décembre 2017, les naissances chez des femmes multipares représentent 55,5 % des accouchements en moyenne et chaque mois, contre 46,4 % auparavant (la politique de contrôle des naissances a été assouplie dès 2013), soit une hausse de 9,1 points.  

Autre conséquence : le changement de politique est associé à une augmentation des naissances chez des femmes âgées de plus de 35 ans. Elles représentent 14,3 % des parturientes à partir de juillet 2016, contre 8,5 % avant (soit une augmentation de 5,8 points).  

Pas plus de prématurité

Malgré l'augmentation de l'âge des mères, les chercheurs n'observent pas de hausse de la prématurité. Ils relatent une légère inflexion des taux de césariennes chez les nullipares (de 39,6 % en 2015 à 36,6 % en 2017), au profit des accouchements par voie basse, en lien avec une politique volontariste de l'État. En revanche, ce taux a augmenté de 39,7 % à 40,9 % chez les femmes nullipares. 

Une question demeure : l'effet de cette politique sera-t-il pérenne ? Les auteurs en doutent, soulignant un ralentissement de l'augmentation des accouchements à la fin de la période étudiée. Cette nouvelle politique nataliste ne devrait que décaler dans le temps - et non endiguer – la croissance démographique négative qui se profile d'ici à 30 ans en Chine, concluent les chercheurs. 


Source : lequotidiendumedecin.fr