Drogues : des professionnels de la nuit demandent à l'État des mesures de prévention

Par
Coline Garré -
Publié le 04/09/2019

Crédit photo : Phanie

Des professionnels de la nuit réclament la mise en place de mesures préventives contre une recrudescence de la consommation de produits stupéfiants « particulièrement dangereux », vendus comme des ecstasys et fabriqués en Chine.

Cet appel du Collectif Action Nuit fait suite à la mort, le 1er septembre, d'un jeune homme de 21 ans à l'hôpital, après une consommation présumée de produits stupéfiants dans une boîte éphémère parisienne. Selon une source policière citée par le « Parisien », le jeune aurait absorbé beaucoup d'ecstasy combiné avec de l'alcool. Une enquête a été confiée à la brigade des stupéfiants de la police judiciaire parisienne ; les résultats de l'autopsie sont attendus. 

Mais d'ores et déjà, le Collectif Action Nuit alerte dans un communiqué sur la circulation en France depuis le début de l'été de produits vendus comme ecstasys « largement surdosés » – aussi appelés « ecstasys chinois » –  « particulièrement nocifs » et provoquant « des réactions graves, amenant l'hospitalisation des consommateurs et consommatrices, voire pire ». 

Campagnes d'information 

Selon les professionnels de la nuit, il pourrait s'agir de N-Ethylnorpentylone, un produit susceptible selon l'Organisation mondiale de la santé d'être vendu comme étant de l'ecstasy (qui contient normalement une autre molécule, appelée MDMA), « sous forme de poudre, cristal, capsule ou cachets, dont les effets seraient davantage désastreux ». Cette substance provoquerait des épisodes de paranoïa, d'anxiété et de troubles psychotiques particulièrement aigus. En outre, ses effets étant moins rapides à se faire sentir, les consommateurs auraient tendance à forcer sur les doses.  

Cette drogue serait impliquée, affirment-ils, dans 125 décès au Royaume-Uni, et 25 overdoses aux États-Unis depuis 2016. 

Après un premier cri d'alarme en mars 2018 (après une vague d'incidents liés à l'absorption de GBL et de GHB), le Collectif Action Nuit appelle de nouveau les autorités publiques à lancer des campagnes d'information grand public sur la dangerosité de produits stupéfiants et demande à l'État de « mettre en œuvre des actions concrètes afin d'endiguer ce désastre ». « Il s'agit d'un sujet de santé publique grave ; des jeunes meurent », s'alarment les associatifs.


Source : lequotidiendumedecin.fr