Délaisser les soins primaires pour cause d’épidémie ? Une « bombe à retardement », selon le Collège de médecine générale

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 26/03/2020

Crédit photo : PHANIE

L’impact de la crise sanitaire actuelle liée à l’épidémie de Covid-19 sur la prise en charge des soins de santé primaire inquiète les professionnels de santé.

Dans un communiqué diffusé hier, le Collège de médecine générale (CMG) alerte le risque d’enclencher une « bombe à retardement » en délaissant les soins de base et les soins chroniques pour favoriser la prise en charge des cas graves de Covid-19 qui « capte toute l’attention ».

« Il est connu et reconnu que ces soins sont ceux qui ont le plus d’impact sur la mortalité », rappelle le CMG, qui invite à la poursuite des soins ambulatoires pour les patients sans suspicion de Covid-19, alors que les généralistes ont diagnostiqué plus de 41 836 cas de Covid-19 la semaine dernière, selon les estimations de Santé publique France.

Les pédiatres inquiets pour la vaccination

L’inquiétude gagne également les pédiatres, dont les syndicats ont également lancé une alerte mercredi. Ils craignent un report de la vaccination des enfants de moins de deux ans et, en conséquence, une recrudescence de maladies comme la rougeole, la coqueluche ou la méningite.

« Avec la peur et les contraintes du confinement, les parents ne se présentent plus aux consultations obligatoires de pédiatrie et aux différentes vaccinations obligatoires », déplore la Dr Mariam-Natacha Haidara, pédiatre à Paris et à la Croix-Rouge, citée par l’AFP. Les syndicats de pédiatres rappellent ainsi que les consultations en vue de la vaccination sont considérées comme « urgentes ». « Il serait assez ridicule de ne pas prévenir des maladies déjà maîtrisées, au nom d’une maladie qui épargne les bébés », poursuit la Dr Haidara.

L’Unicef s’alarme également de la « pression excessive sur les services de santé » que fait peser la mobilisation contre le Covid-19, notamment sur la vaccination. « Ce sont les enfants des familles les plus pauvres, dans les pays touchés par des conflits et des catastrophes naturelles, qui sont le plus en danger », avertit l’UNICEF, qui recommande « fortement à tous les gouvernements de commencer dès maintenant à prévoir de façon rigoureuse d’intensifier les activités de vaccination dès que la pandémie du Covid-19 sera maîtrisée ».

E. B. avec AFP

Source : lequotidiendumedecin.fr