Chlordécone aux Antilles : Buzyn rassure les élus d'Outre-mer sur les contrôles effectués sur les aliments

Par
Coline Garré -
Publié le 22/02/2018
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Crédit photo : AFP

Les contrôles des aliments pouvant être pollués par la chlordécone, un insecticide cancérogène et perturbateur endocrinien longtemps utilisé aux Antilles, ne sont « pas affectés » par les nouvelles normes européennes, moins sévères, a affirmé ce 21 février le gouvernement lors d'une réunion au ministère des Outre-mer avec les élus des Antilles.

La chlordécone a été utilisée aux Antilles de 1972 à 1993 pour lutter contre le charançon du bananier. Interdite en France en 1990, elle a néanmoins été utilisée jusqu'en 1993 par dérogation aux Antilles. Elle est depuis toujours présente dans les sols et peut se retrouver notamment dans certaines denrées d'origine végétale ou animale, notamment dans les circuits informels (autoproduction, dons, ventes sur les bords de route), ainsi que dans certains captages d'eau.

Les élus et la population de Guadeloupe et de Martinique dénoncent l'augmentation des seuils de chlordécone autorisés par l'Union européenne dans les produits alimentaires. À l'issue d'une réunion avec la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale, les ministres de la Santé Agnès Buzyn, de l'Agriculture Stéphane Travert et des Outre-mer Annick Girardin ont indiqué dans un communiqué que « les contrôles mis en œuvre sur les produits agricoles et alimentaires depuis 2005 n'ont pas été affectés par les modifications réglementaires européennes intervenues en 2013 sur les limites maximales de résidus, car l'État n'a pas changé son dispositif de contrôle (basé sur les LMR fixées en 2005) ».

Un colloque scientifique en octobre

« L'augmentation du seuil prévu par l'Europe n'a absolument rien changé au niveau de tolérance que nous avons dans les contrôles des aliments en Guadeloupe et en Martinique », a répété Agnès Buzyn devant la délégation outre-mer. Les ministres vont « saisir la Commission européenne afin de confirmer la stratégie française en matière de contrôle ».

Agnès Buzyn a aussi annoncé, pour « améliorer la transparence sur le sujet », qu'elle avait demandé à trois alliances de recherche scientifique de fournir une synthèse scientifique de toutes les connaissances acquises sur la chlordécone, qui sera présentée lors d'un colloque scientifique en octobre 2018.

Une conférence se tiendra en 2018 sur les territoires, pour informer la population des actions du plan chlordécone III (2014-2020) a précisé le gouvernement. Dans ce cadre, une nouvelle cartographie des sols pollués devrait être prochainement présentée.

Agnès Buzyn s'est enfin prononcée en faveur d'un appel à projet pour mener l'étude Madi-prostate, sur l'impact de la chlordécone sur les cancers de la prostate, qui n'a pas pu aboutir jusqu'à présent.  


Source : lequotidiendumedecin.fr