Centres de « desserrements », unités mobiles de consultation, appel aux dons : la prise en charge et le confinement des plus précaires s’organisent dans l’urgence du Covid-19

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 19/03/2020

Crédit photo : AFP

Frappés de plein fouet par la crise sanitaire liée au Covid-19, les plus précaires, notamment les sans domicile fixe (SDF), les migrants et les mineurs isolés, sont exposés au risque de contamination et subissent les conséquences du confinement. Pouvoirs publics et associations de lutte contre l’exclusion s’organisent pour répondre à l’urgence.

Des centres de « desserrements » pour les plus précaires

Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, a ainsi annoncé, mercredi, dans un communiqué, l’ouverture vendredi à Paris d’un premier centre d’isolement sanitaire dédié aux sans-abri atteints du coronavirus. Un second centre dit de « desserrements » devrait également ouvrir dans la capitale dans les prochains jours. Au total, 150 places devraient être mises à disposition des SDF contaminés, dont l’état ne nécessite pas une hospitalisation.

Le dispositif sera déployé progressivement sur l’ensemble du territoire. « Plus de 80 sites ont été pré-identifiés dans toute la France par les préfets pour un total de 2 875 places et font l’objet d’une analyse approfondie, en lien avec la direction générale de la cohésion sociale », indique le ministère. L’accès a ces centres se fera sur avis médical, en lien avec les Agences Régionales de Santé (ARS).

Le ministère a également annoncé le report de la trêve hivernale, repoussée de deux mois jusqu’au 31 mai. « Concrètement, cela signifie que les 14 000 places exceptionnelles ouvertes cet hiver resteront ouvertes deux mois de plus et qu’il n’y aura pas d’expulsions locatives jusqu’à cette date », précise le communiqué.

Pénurie de bénévoles dans les associations

Du côté des associations, l’inquiétude monte. Certaines sont contraintes de réduire, voire d’arrêter, leurs activités (maraudes, accueils de jour, distributions alimentaires) par manque d’effectifs. Salariés et bénévoles sont également confinés, gardent leurs enfants ou craignent une contamination dans un contexte de pénurie de masques.

Hier, plusieurs voix ont lancé un appel commun en faveur de dons et de bonnes volontés. L'association des Restos du cœur, par exemple, recherche des personnes disponibles pour le transport de denrées, la préparation de colis et paniers repas, ou encore la distribution alimentaire. Une plateforme de recensement des volontaires souhaitant remplacer les bénévoles confinés pourrait être rapidement en place par le gouvernement.

Chez Médecins Sans Frontières (MSF), les équipes travaillent à la mise en place d’unités mobiles de consultation et de dépistage, « afin d’aller à la rencontre des plus vulnérables, là où ils se trouvent », indique l’ONG. MSF travaille également, en lien avec les pouvoirs publics et d’autres associations, à l’ouverture de structures d’hébergements dédiés qui pourraient être opérationnelles en début de semaine prochaine.

« Sans un effort de détection et de mise en isolement des cas, la propagation de la maladie parmi [les populations en situation précaire] risque d’être particulièrement rapide. Et ce d’autant plus qu’il est difficile d’atteindre ces personnes qui vivent aux marges des dispositifs accessibles à la population générale », insiste Pierre Mendhiharat, directeur des Opérations de MSF.

Avec AFP

Elsa Bellanger

Source : lequotidiendumedecin.fr