Protections hygiéniques : le gouvernement étudie un projet d'expérimentation de la gratuité

Par Coline Garré
Publié le 28/05/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
protections hygieniques

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Crédit photo : PHANIE

À l'occasion de la journée mondiale pour l'hygiène menstruelle des femmes, ce 28 mai, la secrétaire d'État à l'Égalité femmes/hommes Marlène Schiappa lance une mission sur la gratuité des protections hygiéniques.

C'est à la sénatrice LREM Patricia Schillinger que revient le soin d'étudier « les objectifs et modalités d'une expérimentation d'un dispositif de distribution gratuite de protections hygiéniques ». Un sujet qui ne lui est pas étranger, puisque la parlementaire, aide-soignante de profession, avait déjà présenté dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2019, un amendement prévoyant la distribution gratuite de produits menstruels pour des femmes en situation de précarité, dans les écoles, hôpitaux, prisons, etc. 

Faire d'un sujet tabou, un enjeu interministériel

Marlène Schiappa entend faire d'un « sujet tabou », un enjeu interministériel, et met en avant une stratégie de lutte contre la précarité menstruelle. Concrètement, le ministère de la Santé et des Solidarités doit définir des pistes pour soutenir les associations de lutte contre la pauvreté et les structures d'accueil des femmes sans-abri. 

Bercy doit de son côté améliorer la sécurité des protections menstruelles, ainsi que les informations relatives à leur composition. L'Agence de sécurité sanitaire (ANSES) recommandait dans son avis de 2018 d'éliminer autant que possible les substances chimiques potentiellement toxiques présentes dans les produits menstruels, même si aucun risque sanitaire n'avait été démontré. 

Syndrome du choc toxique, coupes menstruelles

« Le ministère de l'économie travaille avec les industriels afin qu’ils répercutent sur le processus de fabrication des produits d’hygiène féminine les enseignements tirés des diagnostics en cours sur la fabrication des couches », assure le gouvernement.

Est aussi encouragée une plus grande transparence sur la composition des produits et une meilleure sensibilisation au Syndrome du Choc Toxique (SCT) - lié au port prolongé d'une protection interne. Les résultats d'une enquête de la direction générale de la consommation (DGCCRF) sur la sécurité et l'information des coupes menstruelles seront publiés fin 2019. 

Améliorer l'accessibilité pour les plus démunies

En termes d'accessibilité, le secrétariat à l'égalité femmes/hommes affirme que la baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 %, décidée en 2015 sur pression des associations féministes, « a bien profité aux consommatrices » (alors que des collectifs déplorent la stabilité des prix). Et de préciser qu'une réflexion est en cours sur les initiatives de collecte en faveur des populations les plus démunies. 

Enfin, la députée de l’Essonne Laëtitia Romeiro-Dias conduira à partir de juin une mission relative aux menstruations, à la demande de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale.