Patients post-Covid : les clés de la HAS pour mieux récupérer après une réanimation

Par
Coline Garré -
Publié le 20/04/2020

Crédit photo : S.Toubon

Comment récupérer au mieux, avec le moins de séquelles possibles, d'une forme sévère du Covid-19, ayant nécessité une hospitalisation de plusieurs semaines en réanimation ?  

La Haute Autorité de santé (HAS) publie une réponse rapide qui précise la prise en charge des convalescents en médecine physique et de réadaptation (MPR) et en centre de rééducation, ainsi que la préparation du retour à domicile, élaborée en partenariat avec le Conseil national professionnel de médecine physique et de réadaptation et la Société française de médecine physique et de réadaptation. 

Les patients guéris de l'infection, amaigris et affaiblis après des semaines en réanimation, présentent en effet fréquemment des déficiences plus ou moins sévères, sur le plan respiratoire, cardio-vasculaire, neurologique, neurocognitif, ou encore musculosquelettique, souligne la HAS. Ces déficiences impliquent une prise en charge prolongée. 

Gestes barrières à maintenir 

La HAS attire l'attention sur deux particularités liées au Covid-19 : la forte contagiosité de l'infection virale qui nécessite de maintenir les mesures de protection, au-delà de la phase aiguë. Et la fragilité des patients susceptibles de présenter des décompensations médicales brutales à type de défaillance respiratoire, de complications thrombo-emboliques ou cardiovasculaires. La HAS recommande donc de renforcer le monitoring des constantes physiologiques au repos et à l'effort, en particulier respiratoires, pendant toute la rééducation. 

À l'hôpital, adapter les programmes en fonction de l'état du patient 

Une hospitalisation en médecine de rééducation et de réadaptation à l'hôpital doit avoir pour objectif : d'établir un bilan diagnostique du patient, d'évaluer ses déficiences spécifiques, de structurer des programmes de rééducation et de suivre ses complications médicales.

« Les professionnels de la rééducation/réadaptation doivent agir en fonction des besoins individuels de chaque patient », insiste la HAS, qui juge par ailleurs indispensable l'intervention de psychologues. 

La fiche précise les données médicales à recueillir avant la prescription d'une rééducation, les précautions à prendre lors des exercices et leurs critères d'arrêts, et les différents exercices préconisés. Le recours à l'oxygénothérapie est souvent nécessaire lit-on. 

Dès la phase initiale, le patient post-Covid doit être informé qu'un programme de réentraînement ciblé sur l'endurance cardiorespiratoire et musculaire peut s'avérer nécessaire, à distance, afin de préparer le retour à l'emploi et à des activités sociales, souligne la HAS. 

À domicile, télésoin ou intervention d'un kiné si nécessaire

À domicile, l'objectif principal est la reprise progressive et contrôlée d'une activité physique légère, comme la marche. La rééducation/réadaptation à domicile doit être anticipée, notamment avec le médecin traitant. Elle peut être réalisée en télésoin ou avec des autoprogrammes d’exercices préalablement appris et supervisés à distance.

Elle peut aussi être faite par un kinésithérapeute à domicile si son absence cause une perte de chance pour le patient. Un arrêté publié au « Journal officiel » du 18 avril autorise en effet les kinésithérapeutes à exercer certains soins à distance par vidéotransmission (dont la rééducation des maladies respiratoires, par exemple), à condition d'avoir déjà réalisé un premier soin en présentiel avec le patient. La HAS publie par ailleurs une autre réponse rapide précisant leur rôle dans le suivi à domicile des patients Covid, mais aussi des malades chroniques, des personnes âgées fragiles, ou des patients en rééducation.  

Pour les convalescents du Covid-19 les plus fragiles, l'intervention d'une équipe mobile ou d'une équipe d'HAD spécialisée peut être pertinente. 

Enfin, selon les besoins du patient, la HAS invite à poursuivre ou proposer de la kinésithérapie respiratoire, un suivi nutritionnel, et une prise en charge psychologique.


Source : lequotidiendumedecin.fr