MAGNÉTISEURS, « coupeurs de feu » ou énergéticiens : pour le documentaire diffusé ce soir sur France 3, la réalisatrice Agnès Poirier est allée à la rencontre des guérisseurs, « sans a priori ni croyance ». Comme Bernard, qui reçoit dans sa maison bretonne de Guérande (Loire-Atlantique). Il n’y a pas de tarif. On donne ce que l’on veut, parfois 10, 20 euros ou une bouteille de vin. Une approche que ne condamne pas le médecin généraliste de La Turballe. Bien au contraire, il l’encourage, comme des compléments de soins antidouleur et anti-inflammatoires. Dans les campagnes, selon Agnès Poirier, les médecins généralistes ont une approche assez pragmatique et ouverte, du moment que les guérisseurs ne font pas arrêter les traitements. Plus mystérieux est Jean l’Auvergnat. L’homme au chapeau noir est l’héritier des « conjureurs » de la campagne. Soulager par une prière, en direct ou par téléphone, est pour lui une mission.
Pour rendre compte de ces « pratiques très vivaces », sans jamais porter de jugement, Agnès Poirier reconnaît avoir essuyé au départ 90 % de refus. Si l’Ordre des médecins reste hostile à ce genre de pratiques, certains scientifiques, interrogés dans le documentaire, mènent des recherches sur les pouvoirs de « l’intention » et de « la suggestion ». D’autres, beaucoup plus sceptiques, estiment que « les guérisseurs viennent remplir un vide de sens ». C’est souvent après avoir tenté sans succès la médecine classique que les gens se tournent vers ces pratiques alternatives. Au CHU de Rodez, le Dr Alain Marre, chef du service de radiothérapie, soigne des patients atteints de pathologies graves, de cancers. Pour apaiser les brûlures après une séance de rayons, ce médecin n’hésite pas à envoyer ses patients chez un « coupeur de feu », des adresses que les malades se transmettent entre eux. Un débat suivra la diffusion du documentaire.
« Les nouveaux guérisseurs. Au-delà du secret », mercredi 23 mars, 20 h 35, France 3.
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