Covid-19 : une anosmie chez 86 % des patients et une dysgueusie chez 88 %, selon une première enquête européenne

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 02/04/2020

Crédit photo : PHANIE

Symptômes surprenants du Covid-19, l’anosmie et la dysgueusie ont été constatées chez un grand nombre de patients, confirmés par un test PCR, en Allemagne, France, Italie, Espagne, Angleterre et États-Unis. Les résultats préliminaires d’une étude européenne, reposant sur un questionnaire, apporte une première quantification du phénomène.

Coordonnée par le Dr Jérôme Lechien, médecin ORL à l’hôpital Foch, et le Pr Sven Saussez, chercheur à l’université de Mons, en Belgique, l’étude implique des professionnels de l’IFOS (fédération internationale des sociétés d’ORL) : 33 médecins ORL et chercheurs de 12 hôpitaux européens.

Les premiers résultats portent sur 417 patients présentant une forme non sévère de Covid-19, dont 63 % de femmes. Ces patients présentaient fréquemment des symptômes de la maladie, telles que de la toux, des douleurs musculaires, une perte d'appétit et de la fièvre. Au niveau ORL, les patients pouvaient souffrir de douleurs faciales et d’une obstruction nasale.

Une anosmie plus présente chez les femmes

Des troubles partiels ou complets du goût ont ainsi été observés chez 88 % des patients. Une grande majorité d’entre eux (86 %) ont également présenté des troubles partiels ou complets de l'odorat. Ces troubles de l’odorat apparaissent avant l'apparition des symptômes (généraux et ORL) dans 12 % des cas, pendant l’expression des symptômes dans 65 % des cas ou après dans 23 % des cas.

« De manière surprenante, les femmes sont nettement plus atteintes par cette anosmie et cette différence liée au sexe est significative sur le plan statistique », constatent les chercheurs. Dans 44 % des cas, l’odorat est récupéré dans un délai de 15 jours.

Préconisations de prise en charge

À partir de ces observations, les chercheurs préconisent de considérer une anosmie et/ou dysgueusie survenue récemment, chez des patients sans antécédents, comme un symptôme spécifique de l'infection. Ces symptômes devraient d’ailleurs être à la liste des autres symptômes de l'OMS, indiquent les auteurs. Par précaution, ces patients doivent être isolés pour une période minimale de 7 jours.

En revanche, « les traitements habituellement donnés pour traiter l'anosmie à savoir les corticoïdes oraux ou nasaux (spray) sont contre-indiqués dans le cadre de ces anosmies en relation avec l'infection à Covid-19 », avertissent-ils.

L’étude se poursuit et les professionnels sont invités à participer à l’enquête publique ouverte.


Source : lequotidiendumedecin.fr