Covid-19 : un antiviral à large spectre a permis d'inhiber la réplication virale sur des cultures cellulaires humaines

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 08/04/2020

Crédit photo : PHANIE

Selon une étude américaine parue dans « Science Translational Medicine », l'antiviral oral à large spectre EIDD-2801 pourrait être efficace contre le SARS-CoV-2. Des expérimentations sur des cellules humaines ont donné des résultats encourageants, aussi bien sur le nouveau coronavirus que sur le MERS-CoV et le SARS-CoV-1.

L'antiviral EIDD-2801 est proche du remdesivir, dont l'efficacité dans l'infection Covid-19 est également évaluée. Les deux traitements agissent en mimant les ribonucléosides de l'ARN et entraînent ainsi des erreurs dans la réplication de l'ARN viral. L'EIDD-2801 a l'avantage de pouvoir être administré par voie orale et non par voie intraveineuse comme le remdesivir.

Une amélioration des fonctions pulmonaires

Testé sur des cultures de cellules des voies respiratoires humaines, l'antiviral EIDD-2801 est parvenu à inhiber la réplication virale du SARS-CoV-2, du MERS-CoV et du SARS-CoV-1 sans entraîner de toxicité. L'antiviral était également actif contre le SARS-CoV-2 et du MERS-CoV au niveau des cellules pulmonaires.

L'antiviral a ensuite été administré à des souris avant ou dans les 48 heures suivant une infection par le SARS-CoV-1 ou le MERS. Des effets bénéfiques ont été observés en termes de fonction pulmonaire et de charge virale. L'EIDD-2801 semble de plus être efficace contre les virus résistants au remdesivir. À noter qu'il n'existe pas encore de modèle de souris pour le SARS-CoV-2, soulignent les auteurs.

Selon eux, le fait que l'antiviral soit actif contre différents coronavirus zoonotiques suggère que « si un autre virus du type SARS ou MERS devait se propager à l'avenir, il serait probablement sensible à l'activité antivirale de ce traitement ».

« Cet antiviral pourrait être évalué dans le cadre d'une utilisation compassionnelle et d'essais cliniques chez l'homme. Le but est d'attaquer directement le virus, d'atténuer les symptômes, de diminuer la pathogenèse et de sauver des vies », explique Timothy Sheahan, premier auteur de l'étude, dans un communiqué.


Source : lequotidiendumedecin.fr