Covid-19 : la transmission verticale de la mère à l’enfant ne peut pas être exclue

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 27/03/2020

Crédit photo : PHANIE

Alors qu’une première étude sur 9 cas de nouveau-nés n’avait trouvé aucune transmission du SARS-CoV-2 de la mère à l’enfant, deux nouvelles études ne permettent pas d’exclure une possible transmission verticale.

La première, publiée dans « JAMA Pediatrics », porte sur 33 nourrissons nés à Wuhan en Chine de mères atteintes du Covid-19, parmi lesquels aucun décès n’a été observé. Tous sont nés par césarienne. Trois d’entre eux sont nés avec le Covid-19.

Une disparition du virus de 6 à 7 jours après la naissance

Le premier cas, né après 40 semaines de gestation, a souffert de léthargie et de fièvre au deuxième jour de vie. Les résultats d’examen physique étaient normaux. Il a été placé dans une unité de soins intensifs. Une radiographie thoracique a montré une pneumonie, mais les autres tests de laboratoire étaient normaux, à l’exception de la procalcitonine. Les prélèvements nasopharyngés et anaux étaient positifs pour le SARS-CoV-2 aux jours 2 et 4 et négatifs au jour 6.

Le second, né à 40 semaines et 2 jours de gestation, présentait une léthargie, des vomissements et de la fièvre. Si les résultats des examens physiques étaient normaux, les tests en laboratoire faisaient apparaître une leucocytose, une lymphocytopénie et une fraction élevée de créatine kinase. La radiographie thoracique montrait une pneumonie. Les prélèvements nasopharyngés et anaux étaient positifs pour le SARS-CoV-2 aux jours 2 et 4 et négatifs au jour 6.

Le troisième cas, né à 31 semaines et 2 jours de gestation, présentait des scores Apgar de 3, 4 et 5 à 1, 5 et 10 minutes après la naissance. Un syndrome néonatal de détresse respiratoire et une pneumonie ont été confirmés par une radiographie thoracique. Un traitement par ventilation non invasive, caféine et antibiotiques a permis d’éliminer les symptômes au 14e jour de vie. Il présentait également une suspicion de septicémie. Les prélèvements nasopharyngés et anaux étaient positifs pour le SARS-CoV-2 aux jours 2 et 4 et négatifs au jour 7.

Un cas né avec un niveau élevé d'anticorps

La seconde étude, publiée dans le « JAMA », rapporte un cas unique, né également à Wuhan, par césarienne, à 34 semaines et 2 jours de gestation. Deux heures après la naissance, le nourrisson présentait des taux d'anticorps élevés et des résultats de test de cytokine anormaux.

« Le niveau élevé d'anticorps IgM suggère que le nouveau-né a été infecté in utero. Les anticorps IgM ne sont pas transférés au fœtus via le placenta. Le nourrisson aurait pu potentiellement être exposé pendant 23 jours à partir du moment où la mère a été diagnostiquée Covid-19 jusqu'à l'accouchement, notent les auteurs. Les résultats de laboratoire montrant une inflammation et une lésion hépatique soutiennent indirectement la possibilité de transmission verticale. »


Source : lequotidiendumedecin.fr