BPCO : un test rapide permet de réduire le recours aux antibiotiques en cas d'exacerbations

Par Charlène Catalifaud
Publié le 17/07/2019
- Mis à jour le 17/07/2019

Crédit photo : S. Toubon

Le recours à un test rapide basé sur les protéines C réactive (CRP) permet de réduire l'utilisation d'antibiotiques et leurs prescriptions chez les patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). C'est ce que montre une étude randomisée et multicentrique parue dans le « New England Journal of Medicine ».

En cas d'exacerbations aiguës de leur maladie, des antibiotiques sont souvent prescrits aux patients atteints de BPCO, sans que les causes de ces exacerbations soient connues. « Les exacerbations aiguës de la BPCO représentent une proportion considérable de l'utilisation inutile d'antibiotiques, mais aucune solution n'a encore été identifiée en soins ambulatoires où sont prescrits les antibiotiques », indique au « Quotidien » Christopher Butler, premier auteur de l'étude.

Les CRP, un biomarqueur des exacerbations

Les CRP sont des biomarqueurs des exacerbations aiguës de la BPCO. Leur taux peut être mesuré en quelques minutes au moment des soins et permet d'orienter la prescription d'antibiotiques. En effet, une antibiothérapie n'est pas jugée bénéfique pour les patients présentant un taux faible de CRP (inférieur à 20 mg/litre), peut être discutée pour ceux présentant un taux intermédiaire (entre 20 et 40 mg/l) et est certainement bénéfique en cas de taux élevé (supérieur à 40 mg/l).

Pour évaluer l'intérêt du test basé sur les CRP, 653 patients venant de 86 centres du Royaume-Uni ont été inclus dans l'étude : la moitié a reçu les soins standards guidés par le test des CRP et l'autre uniquement les soins standards.

Une réduction de 20 % des prescriptions

Quatre semaines après la randomisation, seuls 57 % des patients du groupe CRP ont rapporté une consommation d'antibiotiques contre 77,4 % des patients ayant eu les soins standards. Ils sont 59,1 % à avoir reçu une prescription d'antibiotiques au cours de ces 4 semaines, contre 79,7 % dans le groupe soins standards.

« Notre essai a démontré une réduction de 20 % de la prescription d'antibiotiques par les cliniciens, sans risque pour le patient, et de l'utilisation d'antibiotiques par les patients atteints de BPCO », résume Christopher Butler.

Un moindre recours aux antibiotiques est à la fois bénéfique pour le patient (moins d'effets indésirables notamment), mais aussi pour limiter le phénomène d'antibiorésistance.

« Notre essai soulève plusieurs aspects importants : la préservation de l'utilité de nos antibiotiques existants, l'importance de démontrer l'intérêt des tests rapides en ambulatoire pour réduire l'utilisation inutile d'antibiotiques et l'amélioration de la qualité des soins pour les personnes atteintes de BPCO », conclut Christopher Butler.


Source : lequotidiendumedecin.fr