Améliorer la santé cardiovasculaire réduit le risque de démence, selon une étude INSERM

Par Charlène Catalifaud
Publié le 21/08/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
Démence cardio-vasculaire activité

Démence cardio-vasculaire activité
Crédit photo : Phanie

Des chercheurs de l’INSERM ont montré qu'une bonne santé cardiovasculaire est associée à un faible risque de démence et à une diminution du déclin cognitif chez des sujets âgés. Cette étude est publiée dans le « JAMA » ce 21 août. 

Au total, 6 626 personnes sans antécédent cardiovasculaire ou de démence de la cohorte des Trois Cités (Bordeaux, Dijon, Montpellier) ont été incluses, avec un âge moyen de 73,7 ans. Un diagnostic de démence au cours du suivi a été rapporté pour 745 participants.

Le niveau de santé cardiovasculaire des participants a été évalué à l'inclusion à l'aide d'un outil développé par l'American Heart Association (AHA), prenant en compte sept indicateurs : tabagisme, indice de masse corporelle (IMC), activité physique, régime alimentaire, glycémie, cholestérolémie et tension artérielle. Un score de 0 (faible), 1 (intermédiaire) ou 2 (optimal) est attribué à chaque indicateur pour quantifier le niveau de santé.

Une réduction du risque de démence de 10 % pour chaque indicateur

Les chercheurs ont montré que plus le nombre d'indicateurs de santé cardiovasculaire à un niveau optimal est élevé, plus le risque de démence est faible. Sur un suivi de 8,5 ans en moyenne dans cette étude, 13,3 personnes sur 100 ont développé une démence parmi celles qui avaient entre 0 et 2  indicateurs « optimaux » contre seulement 7,1 personnes parmi celles ayant 5 à 7 indicateurs « optimaux ».

« Pour chaque indicateur supplémentaire à niveau optimal pour la santé cardiovasculaire, le risque de démence est diminué de 10 % », résume pour le « Quotidien » Cécilia Samieri, chercheuse INSERM et première auteure de l'étude. En d'autres termes, « si tous les indicateurs sont à un niveau optimal, la réduction du risque est de 70 % ».

Agir sur certains facteurs de risque

Ces résultats confirment l'intérêt de prévenir les facteurs de risque cardiovasculaire. « Ils peuvent être utiles pour adapter les recommandations de santé publique, estime Cécilia Samieri. Les recommandations trop restrictives sont difficiles à suivre. Avec cette étude, nous montrons qu'améliorer son niveau de santé cardiovasculaire, même partiellement en agissant sur certains indicateurs mais pas nécessairement tous, est bénéfique en termes de diminution du risque de démence et du déclin cognitif associé. »

« La force de ce travail est d'avoir réalisé un suivi de 16 ans sur une cohorte de plus de 6 000 individus, mais d'autres travaux sont nécessaires pour aller plus loin, notamment pour éventuellement pondérer les facteurs qui n'ont peut-être pas tous le même poids sur le risque de démence », conclut la chercheuse.


Source : lequotidiendumedecin.fr