Violences obstétricales : un rapport du Haut Conseil salué par les acteurs

Par Coline Garré
- Publié le 04/07/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
gynecologue

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Crédit photo : PHANIE

Le rapport consacré aux violences dans le suivi gynécologique et obstétrical, remis le 29 juin 2018 par le Haut Conseil à l'égalité des femmes et des hommes (HCE) à Marlène Schiappa, a suscité de très nombreuses réactions. Gynécologues et usagers ont ainsi fait part de leur volonté de participer à des groupes de travail afin de réfléchir aux suites à lui donner. Ils répondent à l'engagement de la secrétaire d'État chargée de l'Égalité de mettre en place un groupe de travail pluridisciplinaire, porté aussi par le ministère de la Santé, pour trouver les moyens de traduire sur le terrain les recommandations du HCE. 

« Les membres du Conseil national professionnel des gynécologues et obstétriciens de France (CNPGO) prennent acte de cette décision et indiquent qu’ils répondront présents. » Le CNPGO « étudiera et diffusera les 26 recommandations proposées [dans le rapport] », précise-t-il dans un communiqué.

« Le CNPGO est à l’écoute des femmes et de leurs propos rapportés par le Haut Conseil ; néanmoins, les gynécologues et les obstétriciens exercent au quotidien leur métier auprès des femmes avec sérieux, responsabilité et bienveillance », a souligné Dr Michèle Scheffler, présidente du conseil d'Universitaires. 

Un rapport « courageux »  

Le Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane) salue quant à lui « un rapport courageux » qui rejoint les préconisations qu'il avait émises en octobre 2017 – documenter la maltraitance, sensibiliser les professionnels, informer le grand public sur les indicateurs des maternités. « Le Ciane attend la mise en place rapide du groupe de travail annoncé, qui doit inclure des représentant(e)s d'usager(e)s, de toutes les organisations professionnelles concernées, et tous les partenaires institutionnels utiles. » 

Le collectif encourage les femmes à faire remonter une éventuelle plainte aux agences régionales de santé, aux réseaux de santé en périnatalité et au Défenseur des droits, estimant « inadmissible qu'un recours contre un soignant du secteur public dépende de l'accord préalable d'un conseil de l'Ordre ».

Les réseaux sociaux s'enflamment

Enfin, la réaction du Dr Élisabeth Paganelli, secrétaire générale du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France, qui a estimé sur Francetvinfo que « le problème, c'est l'attirance entre médecins et patientes. Maintenant, heureusement, il y a davantage de femmes dans la profession, il y aura peut-être moins de problèmes… À moins qu'elles ne soient lesbiennes », n'a pas manqué de susciter la polémique, notamment sur les réseaux sociaux.

« Mettre les violences sexuelles sur le dos de l'attirance, c'est de la confusion des genres. Pour les gynécologues, c'est justement cet accès facile au sexe des femmes qui pousse à la vigilance », a immédiatement réagi la Dr Emmanuelle Piet, gynécologue et présidente du Collectif féministe contre le viol, signataire d'une tribune demandant l'inscription dans le code de déontologie médicale de l'interdiction des relations sexuelles entre un médecin et le patient dont il a la charge. Un appel entendu par le HCE, qui propose de reconnaître dans le code l'interdit des actes sexistes et de « toute relation sexuelle initiée sur fonds d'une asymétrie du lien médecin patient ».