Télémédecine, rendez-vous en ligne, suivi en ville : les recettes d'une élue pour soulager la médecine du travail

Par
Marie Foult -
Publié le 22/08/2018
télémédecine

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Crédit photo : S. Toubon

« Mobiliser efficacement la ressource de temps disponible des médecins du travail et des personnels de santé », afin de mieux prévenir les risques professionnels. Dans un rapport intitulé « Santé au travail : vers un système simplifié pour une prévention renforcée » et commandé par le Premier ministre, la députée Charlotte Lecocq (LREM, Nord) propose une série de solutions pour optimiser l'organisation des services de santé au travail et renforcer la prévention. Attendu pour le 27 août, le rapport vient d'être dévoilé par le magazine « Santé et Travail ». 

La députée recommande de « moderniser les outils du quotidien » pour réaliser les examens médicaux. Plus précisément, il s'agit de généraliser les systèmes d'information, afin par exemple de connaître les données du salarié et le besoin d'examens complémentaires. Dans le même registre, le rapport invite à développer les plateformes Internet pour une prise des rendez-vous directe par les salariés ou les entreprises.

Autre préconisation, développer l'usage de la télémédecine. Celle-ci permettrait de réduire les disparités sur le territoire, ainsi que la durée de certains actes médicaux, indique le rapport. Ainsi, avoir une cabine de télémédecine permet par exemple une prise automatisée des mesures physiologiques, une diminution des déplacements des médecins, des infirmiers et des salariés, une harmonisation des programmes de prévention et d’éducation thérapeutique au sein de l’entreprise… De même, elle permet de « compenser une présence médicale insuffisante sur certains sites ».

Solliciter les généralistes

Cette optimisation du temps médical se fera au profit d'un investissement plus grand auprès de certains salariés qui présentent des problèmes de santé particuliers (pathologies chroniques, motifs d'inaptitude), sont en situation de handicap ou sont à risque (jeunes salariés, salariés vieillissants), assure le rapport de l'élue.

Enfin, toujours dans le but de regagner du temps médical, le texte propose d'ouvrir à certaines catégories de salariés identifiés (par exemple les salariés du « particulier employeur » – aides-ménagers, jardiniers, garde d'enfant, soutien scolaire) la possibilité de faire effectuer leur suivi de santé par des médecins généralistes ayant passé une convention avec une structure régionale de prévention.

Outre ces préconisations sur le temps médical, la députée propose de créer un organisme public unique pour mieux prévenir les risques professionnels. Baptisé « France Santé Travail », ce dernier regrouperait l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT) et l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP).

Selon les chiffres de l'Assurance-maladie, environ 626 000 accidents du travail et 49 000 maladies professionnelles ont été reconnus en 2016. Près de 58 millions de journées travaillées ont été « perdues ».


Source : lequotidiendumedecin.fr