Qualité de vie au travail : le ministère lance un observatoire, les PH veulent du concret

Par Martin Dumas Primbault
Publié le 08/06/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
qualite vie

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Crédit photo : S. Toubon

Le ministère de la Santé s'apprête à lancer un observatoire national sur la qualité de vie au travail (QVT). Une première réunion a eu lieu cette semaine en présence de plusieurs syndicats d'hospitaliers, avant le lancement officiel, prévu le 2 juillet.

Cet organisme sera composé de douze experts, épaulés par des représentants institutionnels (HAS, DGOS, ANACT, CNAM, etc.) et différentes instances représentatives des personnels médicaux (syndicats hospitaliers, ordres, chercheurs etc.).

« Nous en sommes encore au stade de la réflexion et de la coconstruction », confie le Pr Philippe Colombat, président annoncé de l'observatoire. Chef du pôle de cancérologie au CHU de Tours, il a mis en place dans son service une forme de management participatif pour laquelle il a reçu le trophée de l'innovation managériale. L'objectif de l'observatoire est d'établir des recommandations pour améliorer la qualité de vie au travail « des hospitaliers comme des libéraux », précise l'oncologue. 

Cet organisme aurait une portée large puisqu'il vise l'intégralité des personnels, aussi bien soignants que managers. Une évaluation est prévue tous les deux ans. Sous la houlette de la Direction générale de l'offre de soins (DGOS), cette instance répond à l'un des objectifs fixés par la stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail lancée en décembre 2016 par Marisol Touraine.

Pas de mécano institutionnel 

Pour Jérémie Sécher, président du Syndicat des managers publics de santé (SMPS), la création de cet observatoire va dans le bon sens. « Il faudra définir des objectifs précis afin que nous les mettions en œuvre à l'hôpital », prévient-il.

Du côté des praticiens hospitaliers, la circonspection domine. Le Pr Sadek Beloucif, président du Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des hôpitaux publics (SNAM-HP), met en garde : « Nous ne voulons pas d'un mécano institutionnel. » Et il insiste sur le côté opérationnel du projet.

Même prudence du côté de l'Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH). Sa présidente, le Dr Rachel Bocher, craint de voir naître une coquille vide alors qu'elle réclame la création d'un outil d'action. Elle regrette à cet égard la multiplication des instances d'observation au détriment de mesures concrètes de protection et de soutien. « Aujourd'hui, on recense beaucoup, mais maintenant, on fait quoi ? »


Source : lequotidiendumedecin.fr