L'isolement, la « double peine » des personnes handicapées ou malades

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 03/12/2018
HANDICAPE

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Crédit photo : S. Toubon

Un tiers des personnes en situation de handicap ou souffrant d’une maladie chronique ou de longue durée se sentent seules (contre 22 % de la population générale). Selon une étude (1) publiée ce jour, à l’occasion de Journée internationale des personnes handicapées, par la Fondation de France, parmi ces personnes isolées, 8 sur 10 souffrent de cette situation. Elles subissent ainsi une « double peine » alerte la Fondation de France qui appelle à « changer de regard » pour permettre à « chacun de trouver sa place dans la société ».

Tous les domaines de la vie concernés

« L’isolement exacerbe les sentiments négatifs des personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie chronique. Tous les pans de leur quotidien sont touchés. Elles ont une mauvaise estime d’elles-mêmes, ce qui impacte leur vie professionnelle et le lien qu’elles entretiennent avec leur entourage. C’est un cercle vicieux à combattre », analyse Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France.

Selon l’étude, 62 % des personnes handicapées ou malades et isolées déclarent que leur handicap ou leur maladie a « des incidences négatives sur leurs sorties quotidiennes » et mettent en cause la douleur, la fatigue et les difficultés de mobilité. Cette « double peine » est subie dans tous les domaines de la vie. Ainsi, 73 % ont un niveau de formation inférieur au baccalauréat (contre 63 % des personnes handicapées ou malades non isolées), 58 % estiment que leur handicap ou maladie a un impact négatif sur leur vie professionnelle (contre 46 %) et 31 % ont des bas revenus (contre 23 %).

(1) Enquête quantitative et qualitative, menée avec le CRÉDOC. L’étude quantitative a été réalisée online, auprès d’un échantillon de 3 586 personnes représentatives des résidents français en logement ordinaire âgées de 18 ans et plus (du 24 mai au 12 juin 2018), sélectionnées selon la méthode des quotas, et de 72 personnes accueillies dans un établissement médico- social (du 28 mai au 16 juin). L’étude qualitative a été menée en juin et juillet 2018 auprès de 22 personnes en population générale ou en établissement médico-social : 20 entretiens par téléphone et 2 entretiens en face à face d’une durée variable entre 45 minutes et 1h45.


Source : lequotidiendumedecin.fr