Droit de visite en EHPAD : le protocole national fixe un cadre strict

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Anne Bayle-Iniguez -
Publié le 21/04/2020

Crédit photo : AFP

Très attendu par les soignants et directeurs d'EHPAD, le protocole national sur les modalités d'application du confinement dans les établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées et des personnes en situation de handicap ainsi que dans les unités de soins de longue durée (USLD) a été rendu public lundi 20 avril. 

La doctrine en EHPAD repose sur trois piliers : la limitation — et non plus l'interdiction — des visites extérieures « dans un cadre désormais aménagé » et assoupli ; la suspension des sorties individuelles et collectives ; la limitation de la circulation des résidents avec déclenchement par la direction du confinement individuel en chambre sous conditions.

Le directeur garde la main

La nouveauté réside dans les recommandations du ministère pour correctement encadrer les visites extérieures, autorisées « sous réserve de l’application stricte du présent protocole »

Si le ministère définit un cadre strict sur le droit de visite, le directeur d'établissement garde dans la main sur les « mesures applicables localement, après concertation collégiale avec l’équipe soignante et en particulier les médecins coordonnateurs le cas échéant, en fonction de la situation sanitaire de l’établissement et dans le respect des préconisations en vigueur dans le territoire concerné ».

Sont considérées comme prioritaires les visites aux résidents « pour qui le confinement a un fort impact sur la santé physique et mentale ». Les familles doivent remplir une demande écrite de rendez-vous à laquelle l'EHPAD répond en précisant la procédure, les conditions, la méthodologie, le jour et l’heure de la visite.

Variable, la durée de la rencontre ne peut « en tout état de cause » être supérieure à une heure. Ségur fixe à 30 minutes le temps de visite de référence. Une personne maximum est admise en chambre et deux maximum dans les espaces communs. Les mineurs ne peuvent pas entrer dans un EHPAD « sauf en cas de fin de vie ».

Jamais deux familles en même temps

Deux impératifs encadrent les visites : respect des gestes barrières et mesures de distanciation physique ; garantie d'une double circulation. « À aucun moment, visiteurs et résidents ne se croisent dans l’établissement. Les visiteurs ne doivent également pas être amenés à croiser d’autres résidents », précise le ministère.

À leur arrivée, ils doivent a minima porter un masque chirurgical, confirmer dans un autoquestionnaire leur absence de symptômes, se laver les mains et prendre leur température avant de rentrer dans l'EHPAD.

Le déroulé de la visite est rigoureux : circuit sécurisé, une seule visite par créneau horaire (et non plusieurs familles en même temps), distance physique d'1m50, pas d'échange de nourriture ou de petites attentions. Les lieux doivent être désinfectés entre chaque visite et le circuit des déchets d'activités de soins à risques infectieux (DASRI) respecté.

Un professionnel doit accompagner les familles tout au long de la visite pour s'assurer du respect de ces mesures de sécurité. Il peut s'agir d'un bénévole formé (pompier volontaire, protection civile, Croix-Rouge, etc.). Les espaces extérieurs sont à privilégier (terrasse, jardin, cour, parking) avant les espaces communs et les chambres, en dernier recours. 

Les visites des libéraux aussi encadrées

Le protocole précise également les modalités des visites des libéraux et des professionnels « strictement indispensables à la préservation de l’autonomie des résidents ». La décision d'un « retour très encadré » dans l'EHPAD de ces intervenants extérieurs appartient là encore au directeur, en lien avec les soignants et notamment le médecin coordonnateur le cas échéant.

Les intervenants libéraux disposent de leurs propres équipements de protection individuelle. Et pour limiter le nombre d'entrées, « il est possible que les professionnels soient amenés à prendre en charge des personnes ne faisant pas partie de leur patientèle habituelle », indique Ségur. Qui précise : « Il sera alors primordial d’organiser une continuité des soins entre l’intervenant libéral et le professionnel qui suit habituellement la personne. Des comptes rendus devront être rédigés pour un meilleur suivi ». 

Des mesures tarifaires déjà annoncées valorisant l'intervention des médecins libéraux dans les EHPAD participent à la politique d'ouverture encadrée de ces établissements vers l'extérieur. 


Source : lequotidiendumedecin.fr